Pas
plus tard qu´hier, une tentative de meurtre a été commise sur ma personne.
L´assassin a procédé avec
un sang-froid sans précédent, ne laissant rien au hasard et donnant à son funeste
projet toutes les chances d´aboutir. Tout s´est déroulé alors que, sans
méfiance,
j´ouvrais un courriel portant le titre prometteur “Article pour Ptitrain”.
Le texte, qui accompagnait un grand nombre de bonnes photos,
était correctement rédigé (quoique ce fût un .doc au format propriétaire Word),
et plein d´enseignements pour moi et nos lecteurs... C´est donc avec décontraction
que je regardai le dossier des photos — hélas pour moi :
  Chaque
illustration portait un nom en français, avec des espaces, des majuscules,
des accents toutes
choses interdites par Internet, et formellement déconseillées dans les instructions
(“charte”) que
j´ai communiquées de nombreuses fois sur les listes Ptitrain et visibles
ici (1).
Mon coeur battait fort, j´étais un tout petit peu énervé,
mais quoi, je suis un pro, j´en ai vu d´autres...
  Chaque
photo avait une taille différente de l´autre et des proportions également
différentes !
Là, le sang se mit à bouillir dans mes veines, je commençai
à haleter.
  Aucune
des photos n´était numérotée, et rien dans le texte afférent ne
permettait de savoir dans
quel sens les insérer, ni où...
La bave coulait, je lançai mon bras gauche vers
le haut afin de lutter contre la crise cardiaque qui me terrassait, c´était trop tard,
je tombai à terre, foudroyé...
Les
pompiers m´ont ranimé, à l´hôpital je suis sorti du coma et je peux depuis ce matin
bouger les doigts et les oreilles ; on m´a promis que je pourrais remarcher dans moins d´un an.
L´enquête
de police a permis de prouver le caractère prémédité de l´attaque.
Comment ?
Parce que l´assassin a eu l´audace, pour parachever son oeuvre, de lui joindre un fichier Excel nommé
“Ordre des photos”, et contenant des noms de photos... légèrement différents
(par exemple, “pare” à la place de “garde”, ce qui ne peut
pas être dû au hasard, a dit le commissaire) de ceux des photos jointes (!) et rangé dans
un ordre... n´étant
pas exactement celui du texte...
Les “paniers à salade” viennent
de partir, toutes sirènes hurlantes, pour aller arrêter l´odieux assassin (non présumé !) ; à l´heure
où vous lisez ces lignes, j´apprends qu´il est sous les verrous et qu´une foule de près
d´un millier de ptitrainistes sont regroupés autour de la prison en réclamant
sa mise à mort
immédiate.
Non, mes amis, non, je
vous en conjure, pardonnez à cet homme comme je lui ai pardonné en publiant malgré tout son
article dans Ptitrain. Et ne comptez surtout pas sur moi pour vous
révéler son nom !
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