Le Billet de Jidé

Ptitrain : un e-magazine
de vieux fait par des jeunes...
Ou le contraire ?  

les trains miniaturesOn ne le saura jamais puisque, à Ptitrain, le quota des têtes chenues et des blancs-becs est maintenu à 50/50, au poil près !
Je suis quant à moi dans le groupe des indécis, un jour barbon, un jour poulbot... Mais des fois le nombre des ans vous saute à la figure. Asseyez-vous deux minutes, que je vous raconte.
C´était il y a une heure, sur le trottoir, au marché de Saint-Mandé, banlieue parisienne où j´errais par hasard : un rassemblement... “Foire aux vieux papiers - Trains électriques”... Mon sang ne fait qu´un tour ! Je m´approche, je zone, je scrute, je soupèse... J´ouvre ce vieux livre de Géo-Mousseron, qui me dit vaguement quelque chose... À trente balles, il est déjà à moi (les prix lors des réunions modélistes sont décidément bien en dehors des tarifs du marché !)...
Premier chapitre : “Le matériel non électrique” ! Commande d´arrêt à installer sur la voie, pour locomotive à ressort ! Le livre date de 1959, pourtant... Et ça continue à me dire quelque chose. Sûr, j´ai eu ce bouquin, “dans le temps” !
Et puis, tout à coup, surgit un schéma : un wagon glisse sur un pont transbordeur. Un moteur (Meccano ou récup d´électrophone Teppaz ?), des engrenages, une ficelle... Bon sang ! Ce schéma, je le connais, il m´a tenu en haleine pendant si longtemps ! J´étais déjà “branché” transbordeur à cause de la gare de la Bastille que j´ai fréquentée pendant des années (comme lycéen) et où à chaque voyage la 131-TB passait de la tête à la queue du train grâce à un mouvement de translation qui la déplaçait d´une voie à une autre par glissement. J´ai passé des heures à admirer cette loco mue par un chariot, le mécanisme tout entier camouflé dans l´épaisseur du quai...
J´avais espoir de fabriquer un tel transbordeur -- soit pour un dépôt de machines, soit en gare terminus -- et cet espoir était fondé sur ce dessin, paru dans mon livre retrouvé aujourd´hui :

  Ce croquis, je l´ai ressassé pendant des années, et il a même servi à me tenir éveillé pendant les longues heures “de garde”, quand j´étais sentinelle dans les nuits glacées de l´hiver bavarois. Pour ne pas m´endormir, je me posais des colles : “Comment améliorer le glissement ? Il vaudrait peut-être mieux mettre des roues !”... “Comment arrêter le chariot quand il a atteint sa voie de destination, pile en face de cette voie ? Un levier, un loquet ?” Et surtout : “Pourquoi ont-ils donc mis un ressort au-dessus du poids, à quoi ça peut bien servir ? *”
Dans ma cantine, il y avait ce bouquin, et aussi le Matériel moteur de la S.N.C.F. (le “Defrance”) de 1966 (que je n´ai pas encore pu racheter, les prix sont fous)... et les premières aventures de Curiosus et Ignotus. Et aussi un kit de wagon en presspahn (du matériel J.V., je crois **)... Dire qu´il y a trente ans, c´était hier... Mais au fait, pourquoi je vous raconte tout ça ?


* Merci à mon pote Séb pour la fin du suspense concernant le ressort : “À mon avis, la commande du pont transbordeur était en tout ou rien. Au moment où tu mets sous tension, le couple du moteur est au maximum. Si tu ne mets pas le ressort, tu forces sur les engrenages (pas bon ça!), le ressort assure un démarrage plus en douceur.”
*
* Et merci à mon vieux copain J.-H. qui me signale, d´abord, que c´est pas J.V. mais J.L. c´est-à-dire Jean Laffond, qui a réalisé une pléthore de matos en presspahn et que la gamme entière existait encore à vil prix dans les tiroirs  de chez Central Train vers 1971. Et, deuzio, que pour le Defrance c´est le 1958 (Ed. Sefma) qui coûte la peau des fesses. Le suivant de 1966 (Ed. LVDR) se place nettement un cran en dessous.

Le 28 juin 2000.

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