![]() D O U Z I È M E P A R T I E |
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Pour lutter contre la vie chère, nous autres modélistes avons une recette miracle : la hamstérisation. Naïfs comme les grands enfants que nous sommes, nous allons donc nous acheter une boîte de personnages chaque mois pendant vingt ans -- et petit à petit, le temps aidant, nous pourrons nous imaginer que ça ne nous aura rien coûté ! Une autre solution, plus fatigante, mais moins consommatrice de temps et de blé, c´est de les faire (du moins, les décorer) soi-même, ces fameux personnages ! Pour le H0, la marque Preiser commercialise des boîtes de figurines non peintes, en vrac sur leur grappe de moulage. Voilà un aperçu, non exhaustif, tiré du légendaire catalogue de Railway, le vépécéiste bien connu (les prix en euros sont arrondis) : ![]() figurines
« gare » (cheminots, voyageurs,
accompagnateurs)
cheminots de la voie, travaux
publics, ménagères au marché,
passants divers
pompiers
figurines assises dont la
moitié troquées pour bus,
trains
chauffeurs routiers et
conducteurs d´engins
personnages dans la halle
marchandises
personnages divers assis, pour
les terrasses, bancs de gare, sièges de
train...
Et il y en a bien d´autres... Remarquez les prix : le consommateur à la terrasse du bistrot nous revient presque à moins cher que la cigarette qu´il fume :-))) Preiser vend aussi (vu dans le même catalogue, mais jamais en réalité...) des personnages à la décoration simplifiée, pour le fond du décor ou à finir soi-même (60 « passants » pour 40 euros). Quelle peinture ? Pour les grandes échelles, les livres (dont le très bon hors-série Loco-Revue sur la patine) et des magazines conseillent la peinture à l´huile qui permet des effets extraordinaires au niveau des mélanges, le temps de séchage étant très long. À nos petites échelles ces effets sont, je crois, impossibles à espérer (1). Réfractaire comme je le suis devenu depuis ma majorité envers les peintures Humbrol (impossibles à touiller pour les mates et impossibles à refermer proprement après la première utilisation -- et qui m´ont gâché mes jeunes années de modéliste), j´utilise surtout des acryliques à l´eau de sources diverses (grands magasins, grandes surfaces de bricolage...) et de marques Lefranc-Bourgeois « Déco Mat Opaco », Pébéo « Déco », Tamiya Color...
Je termine la peinture d´une figurine par une couche de vernis mat pour protéger des manipulations (je n´en ai pas trouvé en acrylique à l´eau d´où le vernis Model Master ci-dessous, n´importe quel autre serait aussi bien). Dans chaque pot de toutes mes peintures, je place une bille métallique qui servira à faciliter le remuage intime de la peinture, en gagnant un peu de temps et d´énergie lors du secouage du pot. Ici, les « billes » sont des chevrotines (plomb cuivré) extraites de cartouches de chasse « 12 magnum ». ![]() On nous conseille souvent de peindre les figurines pendant qu´elles sont encore fixées sur leur grappe de moulage... Je ne le fais pas car je préfère tenir mieux en main mes personnages pendant la peinture. Et de toute façon, il faudra commencer par un léger meulage des bavures (bavures rares sur les Preiser, il faut l´avouer). Pour ce faire une fraise dite « diamantée » sur la mini-perceuse (sur un flexible de préférence) permet de polir très finement, sans risquer d´abîmer par dérapage, ou de se taillader les doigts ! ![]()
Sur la photo de gauche, un terrible cheminot germanique a été transformé en un paisible agent S.N.C.F. : découpage du képi, suppression des poches de poitrine, ouverture du col... Pour faciliter la manipulation des modèles pendant la (longue mais amusante) phase de décoration, on va les fixer sur un support : des petits bouts de bois en carré de 1 cm (dont les extrémités sont coupées bien perpendiculaires : il faut que ça tienne bien debout !), dans lequels des épingles de couturière ont été fixées après qu´on leur a coupé la tête). Une bougie est allumée, l´aiguille est présentée à la flamme et après cinq secondes on enfonce l´aiguille dans... le fondement de nos figurines ! On peut dorénavant les manipuler avec précision, la main tenant fermement le bout de bois, qui sert aussi de socle pour les étapes de séchage intermédiaires. ![]() Première opération de peinture : on couvre les personnages intégralement d´une sous-couche de peinture. Je choisis la couleur chair pour cette sous-couche, chair qui sera épargnée lors de la suite des opérations à l´endroit du visage, des mains, des jambes... Selon vos exigences, vous utiliserez une teinte chair du commerce ou vous mélangerez plusieurs couleurs... Si vous faites des mélanges, pourquoi ne pas les garder et les réutiliser, plutôt que de réinventer la roue à chaque fois ? Munissez-vous de tout petits pots en verre (voir par exemple, en bas de la page 3 du « Réseau furtif », des idées de flaconnage). Donnez à vos mélanges des numéros et reportez ces numéros et un échantillon de la peinture obtenue sur un nuancier « maison ». Faites-en autant, pendant que vous y êtes, pour vos autres peintures car ce que l´on voit sur le couvercle du pot a rarement un rapport étroit avec ce que l´on obtient sur le modèle après séchage :-((( ![]() Le reste est affaire de patience... Utilisez des pinceaux adaptés, jusqu´au numéro zéro pour les cravates ou les bretelles de pantalon... Si vous croyez qu´un détail est impossible à recréer, prenez modèle sur les figurines du commerce que vous avez déjà achetées : c´est en voyant les minuscules boutons de cuivre sur un chef de gare Preiser du commerce que j´ai trouvé le courage de les « coudre » sur mon fonctionnaire ex-allemand -- et je m´y suis repris à trois reprises pour la première fois... Soyez fermes pour ne pas trembler : la figurine est fermement tenue par sa « poignée » de bois et les deux mains (et le socle dans certains cas) reposent sur la table de travail -- en fait, seul le bout du pinceau remue... C´est pour les toutes dernières touches de peinture que l´on manipulera le personnage avec les doigts après l´avoir débarrassé de son pal en acier...
Aussi je colle sous mes personnages des « socles » découpés dans une fine feuille de plexiglas à l´aide d´un perforateur de bureau. Une minuscule gouttelette de cyanolite assure le collage. Voyez le résultat sur la photo de droite. Ça brille un petit peu, mais ça reste assez discret pour mon goût... Et si vous vous demandez depuis le début pourquoi ces personnages sont... « en quête de hauteur » (eh bien bravo, ça prouve que vous suivez !), c´est qu´ils vivront à plus de deux mètres du sol, sur mon réseau suspendu :-)))
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Directeur de la publication Christophe Franchini Rédacteur en chef Jean-Denis Rondinet Rédacteur Éric le Suisse |