“Chic et pas cher”
Le titre de cette page est emprunté à Thierry, un de nos lecteurs, qui nous demande quand Ptitrain proposera “un T.C.O. chic et pas cher”...
Cela me donne l´occasion de mieux définir les principes autour desquels j´ai déployé cette “nappe” de fils fins et peu nombreux décrite la dernière fois — je n´irai pas jusqu´à tenter d´expliquer pourquoi ça marche (je laisse cette corvée à notre spécialiste, TTT) mais au moins “comment ça marche”.
Et d´abord : pourquoi mon choix ? Pourquoi une quatrième voie entre les différentes solutions proposées aujourd´hui :
Poste de commande “traditionnel” à la Fleischmann ? Non merci... D´abord — pardonnez-moi de mettre souvent cet argument en avant — mais c´est trop cher ! Une commande d´aiguille réf. 6900 à plus de 10 euros, je ne peux pas. Je ne suis pas spécialement radin ni pauvre, mais où voulez-vous que je trouve des sous pour une chouette loco laiton de chez Trans-Europ ou un bel autorail tout monté par L.S.L... si je les dilapide dans des boutons-poussoirs ? Je sais que ce matériel doit tre exceptionnellement costaud pour commander des courants intenses et les étincelles qui vont avec, d´où son prix — eh bien alors, il faut faire autrement ! Et de plus comment, avec ces accessoires, mémoriser des itinéraires un peu compliqués ?
Fig. 1. — Solution Fleischmann Cher ? Hou là là !
Chic ? Bof, on ne nous montre pas la forêt de câbles qui est derrière !
Système de codage digital moderne, “DCC” ? Deux raisons m´en séparent : d´abord j´ai trop de matériel ancien (une cinquantaine de locos), la mise à jour me prendrait dix ans ! Et beaucoup de mes machines sont trop exiguës pour un quelconque décodeur et pour la douzaine de fils qui en sortent. Ensuite je n´ai pas encore bien compris certains “détails” : Par exemple, actuellement, quand j´ouvre les aiguilles pour le train en gare voie 4, et que je mets du jus, ce train démarre. “Donner la voie” au train puis pousser le “manche en fer” (1), comme en vrai, quoi ! Si je “digitalise”, ne me faudra-t-il pas de nouveau ouvrir les aiguilles pour la voie 4, puis trouver le numéro de code de la loco (entre 01 et 50 : tel que je me connais, il m´en faudra, des Post-It , le taper au clavier, puis mettre du jus pour démarrer le train ? (Si nos lecteurs veulent apporter des réponses à ces questions si naïves, je les publierai bien volontiers. )
Fig. 2. — DCC à la mode Märklin Quand je vois ça, je ne pense pas au p´tit train mais plutôt à... Tchernobyl !
Commande du réseau par ordinateur ? Je n´ai pas d´ordinateur ! Seulement un Macintosh à mon travail et un autre pour faire ces “pages à JiDé”. Et je ne suis plus spécialement intéressé par la science informatique.
Il y aussi les solutions, commerciales ou non, qui ont nom B.S.R., J.A.O., J.C., Acemo, Chenevez, Chevassus... Je n´ai pas trop d´informations là-dessus car je ne suis pas client pour des systèmes de blocs complexes. Cela pour des raisons géographiques et de réalisme : mon réseau fait à peine plus d´un kilomètre de tour et donc on ne peut y faire rouler plus d´un train par voie. Pour mettre en oeuvre un vrai bloc-système, il me faudrait évidemment plusieurs cantons... et chacun d´une taille plus importante que mon réseau tout entier ! Je m´arrêterai à un bloc simpliste, genre bloc manuel S.N.C.F. : quand un train roule sur une section, les autres attendent — pendant que les chefs de gare se téléphonent entre eux !
Fig. 3. — Fig. 3. — “Jouer au train” avec ça sur un écran d´ordinateur ? Non, merci !
D´où une autre solution, la plus simple possible : commander le train par un T.C.O. ultra-miniature, des boutons-poussoirs à un franc, des principes que je comprendrai sans tre électronicien, un service après-vente que je pourrai assurer moi-même, pas de peur que le fabricant fasse faillite, ou que la description dans un magazine dure huit ans ~ et surtout, surtout, pas de câbles !
Au fait, c´est quoi, un T.C.O. ?
Si l´on en croit ceux des postes S.N.C.F., il y a en bas des leviers et des poussoirs, et en haut un tableau qui visualise la position des aiguilles et des trains qui parcourent la zone. Donc deux séries d´éléments : ceux qui commandent l´action, ceux qui visualisent l´action sous forme de petites lumières. L´ensemble Fleischmann de la photo 1 ci-dessus n´est donc pas un T.C.O.
J´ai prévu de placer la partie “commandes” du T.C.O. tout près du réseau, et de l´éclater, de le “décentraliser” par zone : un mini-T.C.O. pour la gare principale et le relais traction attenant ; un autre pour la petite gare et l´usine embranchée. C´est ce que j´ai vu pratiquer sur les grands réseaux américains, conçus il est vrai pour des opérateurs nombreux.
Dans certains cas, la “visu” pourra m me tre intégrée au décor ; pour visualiser l´occupation d´une voie en coulisse, des mini-leds s´allumeront... dans l´intérieur du poste d´aiguillage, sur le T.C.O. réel !
Et je dois à la vérité de dire qu´après la visite d´Expométrique 1999, je pense peut-être “dégrader” certaines de mes aiguilles : celles prévues dans la cour de l´usine, par exemple, ont-elles vraiment besoin d´être commandées par un moteur et un bouton-poussoir quand une tringlerie mécanique ultra-simple suffirait amplement ? De toute façon, en vrai comme en miniature, ne travaille-t-on à “à vue” dans une entreprise embranchée ?
Et enfin, comment commander des accessoires gourmands avec un cheveu de cuivre ? Je suis en train de peaufiner mes schémas — je vous dirai ça la prochaine fois 
Prochain article : Un cintre pour vos câblage !


(1) Au temps de la vapeur, le “manche en fer” était le régulateur de la locomotive ; le “manche en bois” était celui... de la pelle du chauffeur !
Jidé

Décembre
1999.
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. Dream MX 29-02-2004 1:11