Mal aux reins ? Préfabriquez ! (2)
2e exemple : un passage à niveau
Résumé du chapitre précédent. — Le but de la manoeuvre est de fabriquer le plus de choses tranquillement installé devant notre établi, sans contorsions, sans mal aux reins ni ailleurs ; on a utilisera un matériau aux innombrables qualités, le Depron. Mais quand il s´agit de faire une construction résistante, fournissant des efforts mécaniques, on ne peut plus utiliser un matériau souple.
Pour “réhabiliter” le passage à niveau Faller B-174 (c´est un kit 100 % jouet 100 % germanique que j´ai acheté il y a longtemps), il me fallait complètement réinventer son socle. Les barrières sont acceptables et la motorisation est agréable et fonctionnelle mais Faller a créé pour la masquer des talus de deux mètres de haut ! De plus il nous faut inverser les barrières pour qu´elles se lèvent “à la française” : dans le m me sens... Une maison Jouef remplacera aussi la cabane d´origine.
[N.D.L.R. — Si c´était à refaire aujourd´hui, une motorisation à base de fil à mémoire serait évidemment préférée au moteur Faller.]
Ci-dessous, le passage à niveau du Mesnil dans les années 60. La machine est un 060-DA en tête d´un train du R.O., en direction du triage de Villeuve par la Grande Ceinture.
J´ai utilisé une plaque de contreplaqué de 3 mm : elle aura donc la même épaisseur que le Depron qui couvre toute la plate-forme de voie, et qui sera simplement découpé à la taille du P.N.
Le contreplaqué n´est pas réputé pour son silence ; mais n´est-il pas fort réaliste que le train gronde au passage d´un P.N., les rails étant en réalité noyés dans des pavés ? Et ce bois n´est pas non plus connu pour tre plan et le rester (1) ; aussi pendant toute la durée des travaux, pour résister aux peintures, enduits, colles et flocages, le carré de contreplaqué sera fixé sur des tasseaux bien solides.
N.D.L.R. : Mise à jour, quatre ans plus tard. — Saloperie de contreplaqué ! À l´endroit où il ne faisait qu´un centimètre de large, il a continué à gonfler ! Une bosse de près d´un centimètre a dû être découpée au ciseau puis rebouchée...
Le P.N. en construction, planche de contreplaqué, tasseaux “anti-gondolage”.
Le socle original du P.N. Faller sera littéralement coupé en morceaux, tout ce qui était talus et sol étant supprimé ; le contreplaqué sera découpé pour recevoir la base du moteur, les piliers de soutien des barrières, percé pour laisser passer les fils de commande (du fil de couturière ; demandez le plus solide et le plus souple, en polyester) qui seront guidés par des paliers en fil de laiton (pliés en queue de cochon). Ces fils et paliers dépassent sous la planche, aussi le socle du réseau (lui aussi en contreplaqué mais de 8 mm) sera-t-il creusé pour les laisser passer.
Tranquillement assis à son établi, on pourra fignoler le ballastage (m mes principes que pour celui en Depron), ajuster les pavés, les madriers de bois entre les rails (allumettes), la mécanique, le flocage... et parfaire à son aise la tension des fils de commande pour un mouvement lent et réaliste. Le montage sur les barrières des innombrables petites tringles est une véritable épreuve zen... mais on s´en tire avec de la patience !
Fini, le montage entier sera mis en place sur le réseau, raccordé à la voie, au câblage électrique, et des raccords de flocage le noieront dans son environnement.
L´original : le passage à niveau du Mesnil entre les deux guerres.
La machine semble tre une T12 du Nord, série 3888-3899.

Prochain article :
Simplification du câblage
Jidé

Septembre
1999.
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. Dream MX 29-02-2004 0:46