1000 ET UNE
ERREURS
(Partie 2)
Bon, les
rampes (voir épisode 1)
étant maintenant joyeusement fixées à
la colle à bois, je pouvais passer à
l´étape suivante qui consistait à
fixer les rails. J´avais bien lu dans un ou
deux magazines qu´il pouvait être
intéressant d´isoler les voies du support, par
du liège ou du plastique, en faisant bien attention
de ne pas transmettre les vibrations au support, par exemple
en vissant les rails, cela ne m´avait pas franchement
marqué. En effet, lors de mes premier tests,
avec une locomotive roulant sur des rails non encore
fixés sur mon support en carton, je dois bien avouer
que le bruit était franchement très
léger. J´attribuais donc cette précaution
à quelques modélistes, puristes et fanatiques
de la perfection ! Quelle ne fut pas ma surprise
lorsqu´une année plus tard, avec six convois
roulant en même temps, le niveau moyen du bruit
environnant suffisait à empêcher n´importe
quel être normalement constitué de dormir dans
la pièce d´à
côté. Glups ! Eh oui, les vis ainsi
que le ballast transmettaient, avec une joie non
dissimulée, toutes les vibrations dans ma planche de
base !
Passons
à un autre petit détail : les rayons de
courbure. Je n´étais pas encore, alors, le
fanatique du rail souple, mais un adepte du catalogue,
où les rayons normalisés ne peuvent apporter
aucune surprise et pourtant... Comme vous avez pu le
constater sur les premières photos, ma planche
était tranquillement en train de se transformer en
plat de nouilles. Et pour que la densité de nouilles
soit maximum, c´est bien connu, il faut des rayons de
courbure minimums. Ça pourrait presque être un
axiome...

Vous noterez un double
hélicoïdale à gauche de la photo. Je
trouvais, en effet, que mon train ne prenait pas assez de
hauteur avec la première version...
Donc mes
rayons minimums achetés dans le catalogue, me
voilà en train de fixer tout ça, dans la joie
et la bonne humeur qui caractérisent tout inconscient
qui fonce la tête la première dans un mur, sans
prendre garde aux propriétés physiques de la
pierre. Que se passa-t-il, croyez-vous ? mmmhhhh,
j´vous l´demande bien, mon bon m´sieur. Eh
bien en fait, et c´est là que ça devient
sympa, les virages serrés engendrent non pas un, mais
tout un tas de problèmes qui s´enchaînent
pour le plus grand plaisir du maquettiste débutant.
La liste suivante ne doit probablement pas être
exhaustive, le saint des débutants m´ayant
probablement, dans sa grande mansuétude,
épargné quelques déboires
supplémentaires.
Commençons par une double voie dans un rayon bien
serré. Essayez donc de faire se croiser deux
rames voyageurs « modernes » (modernes
parce que les wagons sont plus longs, contrairement aux
vieux vapeurs)... Eh bien, je vous garantis que vos voitures
vont se toucher, voire faire dérailler votre
rame.
Ensuite,
si vous avez des courbes serrées, certaines
locomotives à vapeur, par exemple ayant
5 essieux moteurs ont une très nette tendance
à s´inscrire fort mal en courbe, et s´il
s´agit d´un enchaînement
courbe-contre-courbe, ce sera peut-être certains
modèles de locomotives à 4 essieux
répartis sur deux bogies qui feront, par leur manque
de mobilité, dérailler votre machine, à
moins que ce ne soient deux wagons qui auront les tampons
qui se toucheront, avec une même sanction à
l´arrivée.
On
continue ? Allez hop ! encore deux petits
exemples, juste pour ne pas vous faire trop
désespérer. Votre paysage est en dents de
scie, version « les Alpes en miniature »
avec de profondes gorges qui suivent la voie au
plus près. Oui mais pas trop près, sinon ce
sera le paysage que vos wagons vont frotter. Et si, par le
plus grand des hasards, vous avez décidé
d´électrifier vos voies avec une
caténaire, il y aura forcément quelques
poteaux qui, s´ils sont à
l´intérieur de la courbe, toucheront le centre
de la voiture -- et s´ils sont à
l´extérieur de la courbe, ils toucheront les
extrémités ! C´est cool tout
ça, non ? ;-)
Je crois
que ça ira pour aujourd´hui. Et puis ne dit-on
pas qu´à chaque jour suffit sa peine ?
Bye,
bye !
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