4. Réflexions en guise de conclusion provisoire...

Je me défendais, au début de ces articles sur “Clap2000 ”, d´être un “miséramodéliste ” (vous savez, ce sont ces énergumènes qui, par exemple, scandalisés par le prix des peintures “modélistes ”, achètent la leur au kilo chez Bricodécor et font leurs mélanges eux-mêmes) et je prétendais que, si Jouef avait eu une large gamme d´immeubles, je ne serais pas contraint de fabriquer les miens en papier.
Eh bien ! j´ai changé d´avis. J´avais en attente, dans leur boîte, les deux immeubles en question et je les ai montés, histoire de voir si le papier-carton pouvait être raisonnablement mixé avec eux dans la même zone de décor — en un mot si je pouvais mélanger les torchons avec les serviettes.
De ces “immeubles modulaires ” j´avais gardé de bons souvenirs lors de la construction de la première version de mon réseau du Mesnil, il y a trente ans, et j´en avais littéralement tartiné un des côtés du réseau (voir la photo en première partie du “Réseau furtif ”). Je ne devais pas être difficile, à l´époque ! Avec le recul du temps, je les ai trouvés chiants à monter et absolument tartes à regarder — si je puis me permettre ce vocabulaire...
L´angle des murs de façade est à peu près impossible à obtenir, quel que soit le procédé de collage : ça ne joint pas ! Après collage, il m´a fallu limer puis reboucher les fentes au mastic, poncer, re-fignoler au mastic, re-poncer... Sur la photo ci-contre, vous verrez, non pas ce je que j´ai fait, mais ce que des maquettistes professionnels travaillant pour Jouef ont imaginé pour pallier le problème des angles de murs : ils ont mis des coups de pioche... À moins que ce soit un immense camion qui ait heurté la construction ? (Ces immeubles ont été photographiés dans Loco-Revue n° 491 en mars 1987 ; et vous savez quoi ? ce “diorama d´atmosphère ” signé Jouef était inspiré par le premier réseau du Mesnil... de votre serviteur :¬)))
Autres défauts : le plastique des murs, pourtant très épais, n´est pas plan, et ne le devient que si on bétonne l´intérieur de plaques de renfort... Les fenêtres ne sont que des feuilles de cellophane molle avec les “petits bois ” grossièrement imprimés en blanc... Les rideaux fournis sont de la génération des wagons en tôle peinte... Les balcons en fer ont des barreaux de 17 centimètres d´épaisseur... Le pompon, c´est les gouttières, un demi-mètre de large ! En plus de vos chats de gouttière, vous pourrez faire l´élevage de porcs de gouttière ou de saint-bernards de gouttière ! Et pour arranger les choses, elles sont moulées d´une pièce avec la toiture, et rouges quand la couverture est en tuiles !
Tiens, au fait : d´après vous, ces trucs qui dépassent au bas des fenêtres du premier étage, sont-ce : 1° Des garde-manger, qu´on ne devrait trouver que dans la cuisine ? (C´est ce que je pense.) 2° Des climatiseurs, auquel cas on pourrait effectivement en mettre à toutes les fenêtres ? (Ce serait curieux en France à cette époque.) 3° Autre chose ? 4° Le saura-t-on un jour :¬)
Mais on n´est pas là pour dire du mal de Jouef ! C´était juste pour vous expliquer que tout cela m´a requinqué et m´a donné de la “pêche ” pour continuer mes constructions-à-moi-tout-seul !
Depuis la dernière fois qu´on s´est vus, je me suis attaqué au coin-usine de la ville — il avait d´abord été grossièrement décoré ( ci-dessous à gauche) :

 

Je l´ai réimprimé (ci-dessus au milieu ) grâce à des éléments réels photographiés et mélangés (à droite en taille réelle H0 ) ; les briques sont “empruntées ” à un hangar de l´armée française (vous devinez lequel : le 5 Génie, à Versailles !)... Les fenêtres viennent du dépôt de métro parisien de la porte de Bagnolet, à cent mètres de chez moi. Ça m´a plu, alors j´ai imaginé que la petite usine serait une annexe et j´en ai fait une plus grosse à côté ( les fenêtres du haut renvoyaient le même reflet que celles du bas, j´ai corrigé ça depuis ; fenêtres et soupiraux sont également made in R.A.T.P.) :

Mais, là où je me suis le plus amusé ces temps-ci, c´est en créant les terrasses de l´immeuble bourgeois qui abrite le magasin de meubles Lévitan (dont les vitrines viennent bien sûr en direct du faubourg Saint-Antoine, le quartier du meuble à Paris !). Je me suis offert le comble du snobisme, qui consiste à placer, sur un bâtiment à un euro, des fers forgés de chez l´Obsidienne (laiton photogravé — des merveilles, soit dit en passant) 

Dans l´optique “Mettez des détails percutants qui retiennent l´attention du visiteur, il oubliera le reste ”, ça marche du tonnerre sur mes cobayes actuels 
Mes prochains projets : peut-être du relief réel sur les façades (fenêtres en creux ; volets, corniches en ronde-bosse), ça devrait être possible en contre-collant les feuilles imprimées sur du carton beaucoup moins épais que mon millimètre actuel, quitte bien sûr à consolider après découpes). Je vous tiendrai au courant, mais ça sera dans pas mal de temps : car il faudrait quand même entre-temps que je m´occupe un peu de la partie ferroviaire du réseau !



P.-S. — N´essayez pas de peindre ces balcons de l´Obsidienne avec un pinceau, c´est trop fin.
Si vous ne me croyez pas, regardez R.M.F. n° 409, page 28, photo 6... C´est dommage, non ?

Jidé

Août
1999.

Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique... — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. 12/01/2007 0:21