« C´est pas parce qu´on écrit
dans Ptitrain qu´on est plus malin que les autres ! »,
aimait à me répéter ma grand-mère. Et c´est bien vrai : rien de ce que je vais
vous raconter ne ressortit vraiment à une invention révolutionnaire.
Au départ, j´avais à créer pas loin
de trois cents mètres d´immeubles de banlieue (j´aime bien parler en mètres,
ça agrandit mon réseau ; et après tout, trois cents mètres en H0, ça fait la même
chose en N ou en Z !). Comme je l´avais déjà fait il y a vingt ans pour mon petit « réseau
banquette », je me tournai de nouveau vers Jouef et ses « immeubles modulaires »
(références 91803 et 91804) qui me conviennent toujours parfaitement.
Hélas, deux
modèles seulement même
si on peut les maquiller de trente-six couleurs différentes — ça
ne faisait pas un choix bien éclectique.
Les autres fabricants ? À ma connaissance, et à part Kibri dont
le modèle
réf. 1121 peut convenir à la rigueur, rien de bien francisable
(« parisable », devrais-je
dire dans mon cas).
Et je suppose dans les échelles moins répandues,
la situation doit être plus triste encore, non ?...
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Fig. 1. Une « barre d´immeubles » Jouef sur mon ancien et microscopique réseau.
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Fig. 2. L´immeuble « presque parisien » de Kibri. |
Alors, que faire ? Construire soi-même en « plasticarte » ?
Oui, oui, bien sûr... Mais ça allait me prendre des années... À cause d´un déménagement
il y a huit mois, mon réseau est reparti presque de zéro, et j´ai d´autres soucis pour l´instant
que de superdétailler des décors tout à fait accessoires...
En attendant des jours meilleurs, et suivant en cela les conseils
de ma bible (Jacques Le Plat, Bons
baisers de Ferbach, fig. 102, page 59), je décidai de construire en carton
des modèles de mes bâtiments, juste pour juger de l´encombrement, et vérifier la « plausibilité »
du plan de ville que j´avais dessiné. Pour accentuer cet effet de masse, je griffonnai vite fait sur du carton-plume
quelques portes et fenêtres. Puisque j´en avais beaucoup à réaliser, je tentai de faire faire
ce travail par mon imprimante couleur et les résultats étaient si amusants que je me pris au jeu,
ajoutant des détails, « chiadant » les reflets dans les vitres, etc.
Convaincu que cette technique pouvait être tout à
fait suffisante pour un milieu de décor en trompe-l´oeil (ma « ville »
est au minimum à 50 centimètres « réels » de l´oeil du spectateur),
je décidai alors de m´investir plus avant et plus sérieusement dans cette technique, et j´achetai
le bouquin de Clive Lamming et Alain Pras, qui me déçut
sur le coup (cf. Ptitrain, rayon Librairie...) et que je mis de
côté.
Sur ces entrefaites, je découvris, malheureusement tristement
isolé dans un coin du dernier Mondial de la maquette à la porte de Versailles, un diorama fait par des enfants
et reconstituant en papier un quartier de leur ville : les tuiles des toits semblaient être faites à
l´encre de Chine mais les façades paraissaient bien être des photos réelles
de bâtiments recadrées, retouchées et imprimées sur ordinateur (qui a vu ce diorama et pourrait
nous en dire plus sur ses courageux concepteurs ?). C´était
très chouette... J´approchais du but !
Le lendemain, un tour sur Internet (www.altavista.com
-> Hobbies -> Model Making -> Paper Modelling...) me combla : on est en réalité des milliers
dans le monde à pratiquer l´art du modélisme en carton, et plusieurs dizaines de sites concernent le
seul bâtiment, certains même présentent des maisons destinés à décorer un réseau
de ptitrain, en H0, N, Z, S... ! Des firmes proposent des maisons prêtes à plier et à coller ;
d´autres vendent même, par l´intermédiaire du Net, des images .pdf à importer
par téléphone et à imprimer chez soi ! La maison virtuelle est arrivée !
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Fig. 3. Un charmant poste
d´aiguillage virtuel,
mais réservé à nos amis anglais... |
Si vous jetez un
coup d´oeil par exemple à www.modelyard.demon.co.uk
(1) vous verrez des bâtiments ferroviaires HO prêts à construire
(dont celui illustré ci-dessus) ;
hélas, c´est typiquement anglais. À www.paris.org/paris (1)
on propose de vieilles maisons parisiennes et même, mais j´en
parle comme ça sans vous conseiller
de vous y mettre, un TGV en papier (www.
railfaneurope. net/tgv/ papermodels.html) !
Mais pour en savoir plus pour tout savoir, même ?
sur cet art, une excellentissime FAQ (foire aux questions) existe à www.cardfaq.org/faq/
C´est (encore !) en langue anglaise, mais ça répond à tout, papiers, colles, outils, trucs,
tours de main... Ça guide aussi vers un milliard de sites consacrés aux papiers pliés par des modélistes...
dont Ptitrain :¬)
Dernière minute (ajouts
datés de 2007 !) — On
nous signale un forum « train » intéressant sis
ici : www.maquettes-papier.net/
forumenpapier/ forum21.php et bien sûr le désormais célèbre
site Kit
Carton !
Conclusion... provisoire
Le principal était réglé (à savoir :
JiDé n´est pas complètement fou ; on peut imprimer des maisons et même les échanger
avec ses amis, par modem), j´entre maintenant dans l´étape de la fabrication expérimentale... Le
travail du carton (attention ! c´est un matériau spécial pour maquettes) est un vrai plaisir, mon
imprimante crache de l´ardoise, du crépi, des volets en bois, des portes cochères, de la petite friture...
Fig. 4. La troisième
de mes maisons juste sortie de l´imprimante (le premier immeuble était immonde, le deuxième tout
juste présentable)... La toiture en tuiles mécaniques, l´intérieur de la boutique avec ses
petits carreaux de faïence blanc et bleu, et l´étal de la marchandise (NDLR : un beau merlan bien
frais, l´oeil brillant, fait 3 mm de long en HO :¬)). Tous ces détails sont imprimés
sur une feuille à part. Seuls les gouttières et leur tuyau d´écoulement, les bacs à
fleurs, le poissonnier et sa cliente seront « en dur ». Une fenêtre sera ouverte, et un appartement
occupé, pour simuler la profondeur. |
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Je vous raconterai tout avec moult détails bientôt,
sur Ptitrain !
Si certains de nos lecteurs ont une plus grande compétence
que nous dans ce domaine (ça va pas être dur : plus d´un mois d´expérience suffit amplement !),
qu´ils nous fassent signe : Ptitrain
sera ravi d´exposer leurs oeuvres, de vulgariser les adresses de leurs fournisseurs et de faire connaître leurs
tours de main ! |