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Le 040-DA-11 « Baldwin » réf. E217-K1
de DJH-Model-Loco (H0)

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Model-Loco doit être un lecteur fidèle de Ptitrain ! Il apporte en effet, cette semaine, grâce à la sortie de sa loco diesel « Baldwin », de l´eau au moulin de notre série « U.S. Come Home » ! Aussi la présentation du modèle sera-t-elle précédée dans votre revue préférée d´un petit aperçu historique et technique...


Figure 1. Le beau modèle de DJH-Model-Loco (en attente de la pose de ses rambardes !).

À la Libération, l´industrie française n´était pas en mesure de livrer rapidement des locomotives diesel-électriques puissantes et la S.N.C.F. a ainsi eu l´occasion de juger la valeur du matériel américain, qui avait déjà fait ses preuves aux États-Unis et sur les différents théâtres d´opérations militaires :

Figure 2.
« La Baldwin-Westinghouse A1A-A1A,
de l´armée américaine qui, en 1944,
était affectée à la remorque du train spécial
du général Eisenhower, commandant en chef
des troupes allées en Europe. »
(Cliché R. Floquet-la Vie du rail.)

La silhouette des cent locomotives 040-DA mises en service en 1946-1947 sur les lignes de la S.N.C.F. ne diffère pas sensiblement de celle du road-switcher (« route-manoeuvres ») vulgarisé aux États-Unis si ce n´est par l´adoption, sur le type français, d´un bogie à trois essieux (dont deux essieux moteurs et un porteur médian) au lieu du bogie habituel à deux essieux moteurs, solution rendue possible outre-Atlantique par les très fortes charges par essieu permises. L´adaptation comporta aussi le rétrécissement de la cabine (au gabarit S.N.C.F.) et l´installation des organes de traction-tamponnement.


Les 040-DA remplacèrent dans les services lourds de manoeuvre des locomotives à vapeur à quatre et cinq essieux. Leur puissance n´était pas très élevée mais deux locomotives pouvaient fonctionner en couplage, comme dans leur pays d´origine ! Les 040-DA ont nécessité certaines retouches, leurs dépenses d´entretien ne se sont pas abaissées au minimum escompté, elles n´en ont pas moins donné satisfaction en assurant un dur service, à raison de 21 heures par jour pendant une semaine, sans rentrer au dépôt.
Les Balwin, à leur arrivée, ont roulé dans toute la France (y compris à la Méditerranée mais pas au Sud-Ouest) et au Maroc. Une dizaine d´années plus tard, elles se virent regroupées au Nord (51 machines) et à l´Est (49). En fin de carrière elles étaient pensionnaires des dépôts de La Plaine, Lens, Strasbourg, Thionville.

Figure 3.
Le A1A-A1A-62030 du dépôt de La Plaine
en 1973.

 

D´autres très belles photos,
schémas, plans... d´un 040
(encore en activité !) sur le site du C.F.T.R.

Le moteur diesel Baldwin, non suralimenté à quatre temps, à six cylindres de 384 x 394 en ligne, développe 760 chevaux à 625 tours/minute. Il ne diffère du moteur de mille chevaux que par le nombre des cylindres (huit aux États-Unis).
Le socle et le bâti cylindres sont de construction entièrement soudée à l´arc avec des chemises du type humide en fonte chromée. Les culasses en fonte à haute résistance portent deux soupapes d´admission, deux soupapes d´échappement et un injecteur central, culbuteurs graissés sous pression. La transmission électrique Westinghouse se compose d´une génératrice principale, auto-ventilée, à excitation séparée auto-compound, de moteurs électriques de traction suspendus par le nez, à ventilation forcée, à couplage en série-parallèle. En régime continu, à 11 km/h, l´effort à la jante est de 12 600 kg, les moteurs électriques tournant à 265 tours/minute.
Le châssis, belle pièce monobloc, en acier moulé de 17 mètres de long, pèse 23 tonnes. Sa robustesse lui permet de résister au dur service du triage (travail à la butte). La traverse danseuse, dépourvue de ressorts de suspension, est reliée elle-même au châssis de bogie par quatre bielles. La suspension primaire, intercalée entre essieux et châssis de bogie, comprend des ressorts à lames et des ressorts en hélice.

Le saviez-vous ? La numérotation originale des engins diesel était calquée sur celle des locomotives à vapeur : une 141 (diesel) se dirait aujourd´hui 1-D-1... Mais on ne comptait pas les essieux porteurs médians et on faisait fi de la présence de bogies : raisonnablement, notre 040-DA aurait dû être une 111-111-DA ! Ce mode de comptage loufoque a été modifié (pour devenir celui que nous connaissons aujourd´hui, identique aux locomotives électriques) entre le 29 octobre 1961 et le 1er janvier 1962.
Tous les modèles à essieux médians (donc des « A1A-A1A ») portant un nom évidemment imprononçable dans les bureux de la feuille, se sont vu affubler du surnom de « yaya » ! Certains portent aussi le nom de leur fabricant (« Baldwin »), du bruit qu´ils faisaient (« Babazoo »), ou des noms fantaisistes (« Dakota »)...
En même temps que cette renumération, la S.N.C.F. appliquait une nouvelle décoration à tous les diesels de manoeuvre : bande de visibilité « jaune jonquille » (Humbrol 24) sur la traverse de tamponnement et les arêtes de la caisse. La redécoration a pris plusieurs années.

La locomotive 040-DA possède une cabine unique avec des organes de commande très simples : une manette d´inversion pour le changement du sens de marche et une manette d´accélération qui agit sur la vitesse du diesel par l´intermédiaire du régulateur de ce dernier. Au début du démarrage, un contacteur pneumatique modifie la résistance d´excitation de l´excitatrice. Les moteurs de traction à excitation série et suspension par le nez entraînent, chacun, l´un des essieux extrêmes des bogies. Les quatre moteurs sont couplés en permanence en série-parallèle. Un équipement électrique de shuntage des inducteurs permet le fonctionnement automatique à plein champ ou à champ réduit.
Un relais d´antipatinage, excité par le patinage des roues, commande automatiquement la mise au ralenti du moteur. Il provoque aussi le fonctionnement d´un avertisseur sonore dans la cabine de conduite.

Post-scriptum : au fait, doit-on dire « un » ou « une » 040-DA ? « Un » ou « une » Baldwin ?
La question n´est pas tranchée ni à la S.N.C.F. ni dans notre argot...

 

Suite (à venir) : le 040-DA en modèle réduit

Bibliographie :
— la Vie du rail, numéro spécial diesel, 1954 ;
— Loco-Revue
n° 508, sept. 1988 ;
— l´Indépendant du rail,
1982, page 17 ;
C.F.T.R. (Chemin de fer touristique du Rhin).
 
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JiDé
Mars
2001
À propos de Ptitrain. — Directeur de la publication Christophe Franchini.
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