Sainte-Émilie
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“The réseau de Mister Tout-le-Monde”
Ce sous-titre bizarre est en réalité un hommage que je veux faire au réseau Sainte-Émilie : ce coin de France vu par des Anglais (Giles Barnabe) fait un tabac vis-à-vis des visiteurs, peut-être parce qu´il ne présente rien d´impossible à faire.
Pas de construction-dentelle qui nous blufferait, de menuiserie-marquetterie, de loco-laiton très chère, de détaillage-bijoutier, d´électronique intimidante.
Tout ce qu´on voit ici, et qu´on admire longuement (je le sais pour avoir attendu un sacré bout de temps les bonnes places pour photographier), on pourrait le faire soi-même !... Un peu de temps, du goût, très peu de sous, beaucoup d´imagination, et on peut tous s´y mettre !
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Un petit circuit en H0 voie normale, un petit tronçon de voie étroite, quelques circulations rares, mais de rames bien assorties et toujours différentes... Et le soin du détail : vous auriez vu la couleur des saucisses qu´on vendait au marché, plus vraies que nature...
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Et même pas besoin de nombreux mètres carrés : deux en tout, à vue de nez... De part et d´autre du réseau, des coulisses cachées .
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Les rames sont préparées en coulisse, sur des tronçons amovibles et retournables — ce sont des planches sur lesquelles sont vissées deux cornières métalliques. Ces dernières ont un rôle triple :
— empêcher les wagons de tomber accidentellement pendant leur transport ;
— servir de rails, aussi bien au niveau mécanique qu´au plan électrique ;
— assurer l´alignement avec le réseau lui-même (ce sont les pinces de dessinateur qui sont chargés de la conduction du courant et de l´alignement). Les concepteurs ont choisi l´aluminium, léger et facilement disponible, mais nous dénoncent son gros défaut, l´oxydation. Il faut passer un coup de chiffon sur chaque tiroir dès que la rame l´a libéré. Mais on pourrait assurer le même triple principe avec de la cornière de cuivre, plus dure à trouver.
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Amateurisme aussi (je réitère mes compliments par ce mot, qui n´a évidemment rien de péjoratif) au niveau du tableau de commande, simple planche avec des commutateurs du commerce. On est prêt à parier qu´il n´y a pas de microprocesseurs cachés dessous  !
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Et, cerise sur le gâteau, la motorisation d´aiguille préférée des gens qui aiment se simplifier la vie . C´est un inverseur à trois sous qui alimente le coeur d´aiguille et, quand on manipule ce contacteur, on commande par-là même la position de l´aiguille grâce à un bout de fil de fer qui traverse le bouton de l´inverseur et le relie à la traverse mobile ! Plus simple, tu meurs, plus “mimo” (miserabily modelistic ?) c´est impossible...

Nous avons reçu ce courriel de David Thomas, un “humble opérateur” du réseau Sainte-Émilie. — Mes félicitations pour votre excellent reportage sur Expométrique, particulièrement sur Sainte-Émilie. C´était la cinquième ou sixième fois que je faisais marcher ce réseau (dont ce sera peut-être la dernière sortie), certainement le plus intéressant “petit” réseau qui soit. La voie normale (c´est aussi un secondaire, tout comme la ligne métrique, et pas un embranchement de la S.N.C.F.) offre un grand choix de shunting puzzles (“jeu de manoeuvres”) avec ses cinq aiguilles et ses dimensions très petites.
Je suis un peu étonné qu´en France l´intérêt pour l´exploitation et les manoeuvres soit très limité. Contrairement à la Grande-Bretagne, il semble que l´intérêt du réseau soit lié seulement à la fabrication et pas au fonctionnement. Je ne pense pas que ce phénomène soit limité aux expositions : je suis le responsable de la collection des magazines de la la “S.N.C.F. Society” et, dans mon catalogue de 50 années et plus 500 éditions, je ne vois que cinq articles sur le sujet “exploitation d´un réseau modèle”. Bizarre !
Je pense avoir persuadé, un jour, un visiteur d´Expométrique (avec une collection statique et non un réseau, typique, non ?) d´essayer un “Inglenook Sidings” ( 1,2 m x 0,20 m, deux aiguilles et moins de deux mètres de pleine voie, huit wagons, une loco et plusieurs heures de plaisir). — Amicalement, David.

N.D.L.R. — Un tel réseau est visible ici sous la forme d´un projet Trainz ; ou bien allez sur Google "inglenook sidings" ; ou bien encore... restez sur Ptitrain grâce à John Allen, Jacques Le Plat, Fabrice Fayolle (qui nous expliquent le “Timesaver”).

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Décembre 2004
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(Toutes les photos sont © Jidé et Jacques Jugnon pour Ptitrain.)

Ptitrain Reportages Expométrique (5)

Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique ! — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. 8x287 du 12/16/2004 15:54