Cette rubrique PicTrain est assez nouvelle (deux mois) pour que vous puissiez aisément nous rattraper et sauter en marche ! Aujourd´hui à notre menu :
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 3e application : PicTrain2 : cahier des charges
 L´électronique
   Schéma général
   Partie commande
   Partie puissance
   Manipulation
 Génération du signal
   Principe
   Utilisation du Timer0
Troisième application : Pictrain2
Cahier des charges
Pour ce projet, nous allons nous inspirer de ce qui est déjà proposé dans les montages Ptitrain tels que T.T.T. (figure ci-contre ) ou Numérax (note ci-dessous). Il s´agit donc d´un régulateur qui permet de commander la vitesse d´un train par la commande du courant de 12V dans la voie.
Trois actions sont possibles, accélération, freinage et arrêt d´urgence (arrêt immédiat), déclenchées par des boutons poussoirs. Il faut aussi pouvoir inverser le sens de marche, ce qui fait quatre boutons.
La vitesse progresse par “cran”, il doit y avoir une quarantaine de crans, de zéro à la vitesse maximum. Pour accélérer et freiner, un appui sur le bouton modifie la vitesse d´un cran, un appui prolongé entraîne respectivement l´augmentation ou la diminution de la vitesse d´un cran à une fréquence appelée inertie (environ 6 crans par seconde) jusqu´à la vitesse maximum (accélération) ou à zéro (frein).
On passe de zéro à la vitesse maximum en 7 secondes. Le bouton de changement de sens ne doit être actif que lorsque la vitesse est à zéro (interdit de changer de sens en vitesse !). Pour des raisons de simplicité, le montage de base génère du courant “pulsé” ou “haché” pour l´alimentation de la voie [mais cela peut être traduit facilement en continu par un filtrage simple en sortie, N.D.L.R.].
FAQ   T.T.T., je connais (hum, au fait, où ça en est ?) et son régulateur à main aussi, mais, quoique lecteur du Meccano électronique depuis le premier jour, je ne connais pas Numérax ? — JIDÉ : En effet, c´est un montage de 2003... qui n´a jamais été publié “officiellement” ! Il fonctionne parfaitement mais sa présentation devrait faire l´objet de quelques explications pédagogiques qui sont pour l´instant trop au-delà de ce que nous savons via la Techno facile et le Meccano électronique. Il assure la commande traction sous forme de “crans” (comme le présent PicTrain2, mais 16 crans seulement), afin de pouvoir utiliser soit des boutons-poussoirs à main, soit des commandes par pédales de voie (ILS, etc.) : un passage sur un I.L.S. engendre (par exemple) cinq crans de freinage... un autre I.L.S. cinq crans d´accélération... Vous pouvez étudier Numérax dans le chapitre Brouillon de Ptitrain. Un jour (prochain !), ce montage paraîtra pour de vrai.
9.1. L´électronique
9.1.1. Schéma général
Le schéma électronique est des plus simple :
une partie “commande” , qui comprend le microP et les commandes,
une partie “puissance”, qui comprend la régulation du courant traction.
Les deux parties sont reliées par un câble à 3 conducteurs. Cela permet d´avoir une commande “baladeuse” que l´on peut tenir à la main.
9.1.2. Partie commande
Le microP est alimenté sous 3 volts par deux piles AA. Le boîtier regroupe toutes les commandes :
un inverseur “momentané”, qui permet d´envoyer les impulsions d´accélération ou de freinage,
un bouton stop (arrêt d´urgence),
une led qui indique que la vitesse est à zéro et que le changement de sens est possible,
un bouton inverseur de sens.
En sortie on trouve le signal rectangulaire du courant et la commande du relais d´inversion du sens de marche. Ces deux signaux sont connectés à la partie “puissance” par un optocoupleur (on voit les deux moitiés des optocoupleurs dans le schéma ci-dessous) et le câble.
Ci-dessous , le montage câblé sur un Cimec. (Vu à la loupe, la réalité est bien plus réduite !)
9.1.3. Partie puissance
Cette partie est extrêmement simple, il y a les deux autres moitiés des optocoupleurs, un transistor de puissance BD139 pour la commande du courant dans les rails, et un petit transistor pour la commande du relais d´inversion. [Nous avons fait figurer la masse de cette partie puissance avec un symbole différent de la masse du circuit de commande afin de bien matérialiser la séparation électrique totale entre les deux parties : alim 3 V avec son plus et son zéro pour la commande ; alim 15 volts pour la traction avec son plus (noté ++) et sa masse. Garantie sans parasite ! N.D.L.R.]
L´implantation, de nouveau sur Cimec :
Nota-bene. — Les deux straps (cavaliers) SOUS le relais doivent être soudés AVANT de souder le relais (ou son support) ; après, il sera trop tard... [N.D.L.R. Il faut d'ailleurs toujours souder les straps en premier !]
9.1.4. Manipulation
Le boîtier de commande est conçu pour être manipulé d´une seule main, le pouce pour l´accélération et le freinage, ou pour le changement de sens, et l´index pour l´arrêt d´urgence.
9.2. Génération du signal
9.2.1. Principe
Le coeur de notre programme est la génération du signal rectangulaire, qui va commander le courant dans la voie.
Le signal est de la même forme que dans notre montage Youbitonmatic avec une certaine période fixe, donc une fréquence. Par construction, cette fréquence sera de 244 Hz.
Mais de plus, on va faire varier ce que l´on appelle le “rapport cyclique”, c´est-à-dire le rapport entre le temps où le signal est haut (3 volts) et le temps où le signal est bas (zéro).
En haut en bleu , le rapport est proche de 20%, c´est-à-dire que le courant moyen est faible (3 volts x 0,2 = 0,6  volt) et on va rouler au ralenti [et grâce à cette forme de courant les locomotives n´ont pas tendance à caler ; c´est comme un petit coup de pied au derrière 240 fois par seconde qui empêche les mauvais moteurs de s´endormir... N.D.L.R.].
En bas en rouge , le rapport est proche de 80 %, le courant moyen est élevé (3 volts  x 0,8 = 2,4 volts), on va rouler vite...
C´est le principe de base des commandes de trains modèles par courant haché : les moteurs de nos locomotives “calculent” cette moyenne ; si le rapport est faible, peu de courant en résulte et le moteur tourne lentement ; si le rapport est élevé, le courant est plus important et le moteur tourne plus vite. Nous allons donc introduire une nouvelle variable dans notre programme, la VITESSE. Cette variable contient notre rapport cyclique, et ira de 0 à 255 :
On voit que la période est toujours égale à 255 car égale à temps bas + temps haut, c´est-à-dire 255 — VITESSE + VITESSE = 255.
La VITESSE pourra varier de zéro (le signal est toujours bas, donc à 0 volt) à 255 (le signal est toujours haut, donc à 3  volts).
Le coeur de notre programme sera donc d´émettre ce signal, à une fréquence fixe et de rapport cyclique VITESSE. Le reste n´est que des accessoires, les boutons n´étant là que pour faire varier VITESSE vers le haut (accélération), vers le bas (freinage) ou VITESSE à zéro pour le bouton stop.
PTI+   PWM — Le montage proposé à base de rapport cyclique variable est appelé PWM en anglais (pulse width modulation = modulation de largeur d´impulsions) Certains PIC, comme par exemple le PIC 16F627A, comportent en standard un dispositif permettant de générer ce type de signal.
Nous n´utiliserons cependant pas cette facilité, d´abord parce que nous sommes à Ptitrain et que nous voulons rester simple, mais surtout qu´il est difficile de générer un signal de basse fréquence (inférieur à 1 kHz) comme nous le souhaitons. Sachez que cela existe, vous le testerez peut-être un jour.
9.2.2. Utilisation du Timer0
Pour générer ce signal, nous allons utiliser ici le Timer0 (qui compte de 0 à 255) avec une valeur de pré-diviseur adéquate pour obtenir notre fréquence. Rappel : le pré-diviseur permet de ne compter que tous les X cycles d´horloge, c´est-à-dire qu´au lieu de s´incrémenter à chaque cycle (toutes les microsecondes), le Timer0 ne s´incrémente que tous les X cycles d´horloge, X pouvant être fixé entre 2 et 256. Pour obtenir un signal de la forme définie ci-dessus, il faut fixer X à 16, le Timer0 ne comptera que tous les 16 cycles d´horloge.
Dans notre cas, cela signifie que notre timer ne va plus s´incrémenter à chaque microseconde, mais toutes les 16 µS. Si VITESSE est de 200, nous aurons un signal composé en sortie de :
un signal haut de 200 fois 16 µS = 3.200 µS,
un signal bas de (256 — 200) fois 16 µS = 896 µS,
soit au total 3.200 + 896 = 4.096 µS, donc à une fréquence de 1/0,004096 = 244 Hz C.Q.F.D. !
PTI+   Fréquence du courant traction — Il y a toujours eu, et il y a encore, beaucoup de discussions sur l´utilisation du courant rectangulaire pour nos petits trains, et son impact sur les moteurs de locos “haut de gamme” à rotor sans fer.
Pour ma part, sur un réseau en N, j´utilise une fréquence de 244 Hz (comme le présent montage) sans aucun problème. Mais je sais que les puristes ne sont pas tous d´accord, et, curieusement, même sur un site aussi bien documenté que de celui de l´A.M.F.N., il n´est pas indiqué de fréquence, même si tous les schémas électroniques sont donnés.
Il est bien entendu qu´en jouant sur le Timer0 il est possible d´adapter la fréquence à votre souhait.

Psi

24/5/07
N.B. — Textes, schémas, programmes © Psi pour Ptitrain. Photos Jidé ou D.R. quand signalé. — Toutes vos remarques et commentaires sont bienvenus, et les pages de Ptitrain ne sont pas statiques : les erreurs sont corrigées sitôt connues, les améliorations, éclaircissements, etc. feront l´objet de mises à jour fréquentes.
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique. — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet