À mi-chemin du septième ciel
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La première partie de cette chronique expliquait les ressorts  de mon choix du Darjeeling Himalayan Railway — le rêve, l´exotisme, la nouveauté et la facilité de transposition au point de vue du tracé des voies.
Avant de faire “voler les copeaux”,  il me paraît sage de cogiter quelque peu à propos de l´objectif de ce projet, des moyens pour y parvenir et des obstacles à surmonter. Une sorte de cahier des charges, assorti d´un peu de philosophie modélistique...

Tout d´abord, je souhaite pouvoir montrer  le réseau terminé dans des expositions, en Belgique et peut-être à l´étranger. Il doit donc impérativement être transportable, robuste et de taille modérée.  C´est pourquoi j´ai opté pour trois modules seulement, l´ensemble ne dépassant guère 350 x 60 cm...
Dans cet espace, il faudra caser :
1) Une ville (!), ou du moins l´artère principale d´une bourgade, Kurseong, à mi-chemin de la “grimpette” vers Darjeeling.

 Photo 6. — Kurseong, la rue principale.
Copyright K. Walker

2) L´ascension à flanc de montagne, au moyen d´un rebroussement (photos 7 à 9) — les Indiens disent  “zigzags” — et d´une boucle avec passage supérieur.
3) Un passage à double voie pour les croisements en ligne.
4) Un point d´arrêt à l´endroit le plus élevé du réseau, qui ne sera évidemment pas Darjeeling, bien trop grand pour être évoqué ici  sans tomber dans le ridicule.
Tout cela ne laisse guère de place pour des coulisses, aussi compté-je utiliser un système de chargeurs amovibles. Cette astuce permet, outre un gain de place, de manipuler le matériel roulant sans le toucher — un avantage significatif, surtout en expo.
Le plan du réseau est encore très schématique, et pour une bonne raison : avant de l´arrêter, je voudrais connaître les performances dont seront capables les locos de Backwoods. C´est un amusant renversement de situation que de devoir se poser une telle question : dans un réseau qui respecte fidèlement les contraintes de la réalité en terme de pentes et de rayons, les modèles sont d´habitude très à l´aise et passent sans problème. N´ayant aucune référence en qui concerne le kit de la “Class B” (aucun des amateurs que je connais ne semble l´avoir encore terminé) et ses qualités de roulement, je tiens à lui adapter le tracé du réseau, faute de pouvoir faire l´inverse. Les pentes et les courbes que la machine sera capable de négocier deviendrons ma norme, à moins qu´elles n´excèdent en fin de compte celles de la ligne réelle.
Ensuite, les modules devront pouvoir fournir de nombreuses possibilités de photographies. Je les vois constitués d´une suite de saynètes, représentant autant de vignettes de la vie du D.H.R. et de cette région du monde.

Photos 7-8-9. — Sur ces trois photos,
un train négocie le rebroussement
(“zigzag”) numéro 5.
Auteur et copyright : David Churchill.

Plausibilité et couleur locale seront les maîtres mots, plutôt qu´une fidélité absolue à la réalité spécifique de telle ou telle localité. C´est la partie réellement fascinante du travail, car elle implique d´apprendre à connaître le pourquoi des choses, à se documenter sur les origines du D.H.R., sa manière d´opérer, la vie des populations locales, leurs habitudes, le commerce, le climat, l´agriculture et même les religions (“pourquoi y a-t-il un temple à cet endroit ?”)...
Pour ce qui est des “détails”, tels que la menuiserie, la voie, le matériel roulant, l´alimentation et le contrôle, quelques décisions se profilent, dont je vous parlerai au fil des épisodes. Ce que je peux dire, c´est que, propriétaire d´un grand réseau fixe commencé il y a vingt ans, j´ai commis beaucoup d´erreurs que je ne referai plus : j´en ferai de toutes nouvelles .
Mon plus grand espoir est que cette chronique en temps réel puisse devenir dans une certaine mesure interactive. Les suggestions et commentaires sont, faut-il le dire, les bienvenus et je vois dans cette possibilité qu´offre un magazine en ligne, un immense avantage (pour l´auteur) par rapport à une publication papier, nécessairement plus formelle.
Enfin, voici encore quelques liens :
  celui de la ville de Darjeeling, avec un plan, un historique et quelques photos du D.H.R. ;
  le site du Gemme, qui construit actuellement un modèle de la boucle de Chunbhati;
  le site de l´Unesco, qui a récemment classé la ligne “patrimoine mondial de l´humanité” ;

  le site personnel de S. Gohsal avec plusieurs belles photos, dont celle dont je me suis inspiré pour l´échoppe de Kurseong.

Photo 10. — Une autre vue de la rue principale de Kurseong presque au même endroit que la photo 6 

Notez que la couleur de certains bâtiments a changé entre les deux photos. Le modèle du deuxième bâtiment en partant de la droite est en construction et sera décrit dans le prochain article.
Auteur et copyright : S. Gohsal


À suivre...

Notes. — Toutes les photos sont reproduites avec l´aimable autorisation de leurs auteurs.

Philippe
Moniotte.
Février 2002.
Directeur de la publication : Christophe Franchini. — Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet.
Rédacteur : Éric le Suisse. — Rév. 02/12/2003 15:54