Éric nous
écrit : « Voilà un texte
et un diorama réalisés par une personne qui
tient un magasin de p´tit train (Modelco à
Neuchâtel, en Suisse). Je n´ai rien à
rajouter si ce n´est que je ne puis que
m´incliner devant tant de perfection. A
préciser que c´est du N (1/160), ce qui rend
les détails encore plus
impressionnants !!! »
Afin de ne rien laisser perdre de la
qualité originelle de ces photos, nous les avons
enregistrées aussi en haute qualité :
si vous avez une liaison Internet rapide, cliquez sur
chacune des images pour la voir « en
hi-fi »...
Neuchâtel et le
Minimonde : la pointe de l´iceberg
?

La pointe de l´iceberg
? C´était il y a vingt-cinq ans
environ ; je recevais mon premier train...
Premières joies et premières peines !
Premières joies parce que la passion du chemin de fer
m´habitait déjà. Premières peines
à cause de l´échelle choisie par mon
père, le N. Tout ce que j´avais vu
jusqu´alors était plus grand, plus
détaillé, plus imposant, pourtant, ce chagrin
s´est rapidement transformé en plaisir. En
effet, le train Arnold Rapido que j´ai reçu
fonctionnait parfaitement.
Le temps a passé, eh
oui ! Un bref crochet dans le monde du HO mis
à part, je suis resté fidèle au 1/160.
Au printemps 1997, le concours des Journées du
modélisme, organisées par le Musée des
transports de Lucerne, se profile à l´horizon.
Motivé par l´envie de concrétiser, de me
dépasser, et même d´aller pour la
première fois au bout d´un projet à
trente-huit ans (c´est le moment !), je me lance
dans un diorama.
Pour le décor, je me
laisse imprégner par des paysages que je connais
bien. Quelques photos, un cadre de bois léger
fabriqué par mon ami menuisier Philippe Veillard, et
c´est parti. Enfin, « parti »,
c´est vite dit ! J´ai la tête pleine
d´idées, de paroles et de recherches. Je me
dispense de décrire la construction de ce module
intitulé « Paysage neuchâtelois et
Minimonde ». Mais je m´arrêterai
plutôt au pourquoi du comment. Si j´ai
assemblé quelques circuits sur une table,
commencé un réseau jamais terminé et
rempli une vitrine d´une collection toujours
croissante, rien jusqu´alors n´a fait vibrer en
moi le désir de... Et voilà que, petit
à petit, ce projet se met à tout changer.
La nature me pousse
à bouger, M´sieurs-dames, la nature dans sa
plénitude : forêt, talus,
clairière, chemin, terre. Ce qui semblait encore
impossible il y a quelque temps s´ouvre à moi.
Je m´attaque à un module, petit certes, mais
imposant et séduisant. Les photos vous en montrent le
résultat.
Mais où est la
pointe de l´iceberg dans ce récit ?
L´explication découle d´une philosophie
personnelle qui conduit à une théorie
supplémentaire à ingurgiter. Tous les auteurs
que vous lisez dans Loki
forment « la pointe de
l´iceberg », avec leurs points forts et
faibles, avec leurs armes. Ils s´appuient sur tous ceux
qui ne publieront, ne montreront ou n´exposeront jamais
leurs oeuvres. Je regrette cette discrétion et
j´espère que la vue des quelques images de mon
diorama fasse craquer au moins un lecteur. J´en serais
vraiment très fier. De plus je connais plusieurs de
ces modélistes de l´ombre. Voilà
achevée la minute philosophique de mon exposé.
Je conclurai en disant
l´immense plaisir que j´ai pris à faire ce
travail. Je pensais ne pas pouvoir garder mon diorama. Mais
finalement, il va prendre une place dans la maquette si
fastidieuse, à laquelle je me suis attelé.
D´autres travaux sont maintenant en cours, alimentant
ma passion, ce qui est, pour moi, très important.
Francis
Müller
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