Construction d´un autorail de Dion J.M.
Kit de l´Atelier du Château d´O, échelle IIm — par J.-M. Menet (membre fondateur du “Trio M”)
Photo 10 François Laluque de l´Atelier du Château d´O, très sympathique artisan installé en Seine-et-Marne, a d´abord produit différents modèles à l´échelle zéro (2D2-5500, aussi revendue par la Vie du Rail, BB-12000, Y-7100, X-55000 et XR-9500, 030-T Rimaucourt...) avant de s´intéresser à l´échelle IIm. Celle-ci correspond à une rapport de 22,5 par rapport à la réalité, et l´écartement des rails de 45 mm utilises pour l´échelle G correspond à l´écartement d´un mètre. Le premier modèle qu´A.C.O. décida de sortir fut l´autorail de Dion Bouton, soit sous forme de kit, soit monté prêt à rouler, présenté lors d´Expométrique 1991. La description de ce modèle est fournie dans Loco-Revue n° 550, juillet-août 1992, p. 541-542.
J´ai eu l´occasion de me procurer un kit de ce modèle récemment (F. Laluque a malheureusement arrêté sa production depuis 2000), et les photos suivantes vont vous présenter le montage fort simple des 1800 pièces qui constituent ce kit. La notice est bien faite, explicative, et le kit est essentiellement en métal, soit laiton (châssis, flancs de caisse, plancher, toiture), soit métal blanc (détails, capots moteur, faces avant et arrière...). Les seules pièces en plastique sont les supports de palpeurs électriques des quatre roues. La réputation des modèles A.C.O. tient en partie au respect strict de l´échelle et au prix attractif. Le détaillage est souvent limité, et l´amateur peut décider de mener un détaillage plus ou moins poussé.
Après examen de la notice et lecture de l´article de Loco-Revue, les points suivants de détaillage possibles me sont apparus :
— aménagement intérieur : pas de cabine conducteur, pas de couloir ni de porte de communication avec la partie réservée aux sièges, lest énorme à installer au-dessus du moteur fort visible par les vitres ;
— détails extérieurs: pas de système de retournement sous le châssis, porte-bagages supérieur évoqué simplement en laiton fraisé ;
J´ai décidé de légèrement détailler cet autorail, car il était destiné à un usage plutôt “rude” sur un réseau au sous-sol entre les mains des enfants. Décision a donc été prise de :
— ne pas installer le lest ;
— figurer les cloisons de cabine conducteur et voyageur par du carton (11 mm) ;
— figurer succinctement l´intérieur de la cabine conducteur ;
— remplacer le laiton fraisé du porte-bagages par du bois véritable.
En revanche, j´ai décidé de ne pas figurer le système de retournement — j´espère me procurer un jour les plans et le réaliser pour l´installer ultérieurement, l´installation ne devant pas être trop compliquée car à l´extérieur sous le châssis.
Construction
J´utilise un fer à souder Sem 150 watts, ce qui est trop pour le métal blanc A.C.O., car il fond. F. Laluque recommande [comme Ptitrain !] l´utilisation d´un variateur de lampe halogène je l´ai installé, mais un peu tard — après la construction de ce kit ; j´ai donc eu quelques “sueurs froides”, lors du montage des filets en laiton sur les montants en métal blanc des sièges par exemple. J´utilise du flux Gérard Huet D503 qui convient bien sûr au laiton, mais aussi au métal blanc A.C.O.
Châssis. — Le brancard est déjà assemblé par F. Laluque, ce qui garantit le bon équerrage. Il faut simplement renforcer quelques soudures, avec de la brasure chargée en argent.
Photo 01 Photo 02
Les photos 1 et 2 montrent ce châssis avec les traverses avant et arrière soudées, le pot d´échappement, deux coffres arrière, les palpeurs électriques pour chaque roue de l´essieu arrière, le réservoir, les 2 garde-boue soudés, les 2 sablières et les attelages installés.
Plancher et sièges. — Le plancher est en laiton, les montants de sièges en métal blanc et les filets et les banquettes et dossiers en laiton sont déjà mis en forme. Il n´y a pas de difficulté particulière pour ce montage (sauf si votre fer à souder fait fondre le métal blanc ). La photo 3 montre cet ensemble fini.
Photo 03 Photo 04
Caisse. — Cette partie est plus délicate, car le rétrécissement à l´avant, autour de la cabine conducteur, est préformé sur les flancs de caisse, qui sont aussi préformées pour le resserrement de la caisse autour du châssis. De solides barres en laiton (6 mm x 6 mm) sont à souder à l´intérieur des flancs pour maintenir cette cambrure vers l´avant et pour ensuite s´appuyer sur le plancher et s´en solidariser avec des vis. Le raccordement aux deux faces en métal blanc est à soigner pour ne pas avoir de décrochement. Comme le montre la photo 4 , j´ai utilise une résine de rebouchage pour automobile afin de combler les interstices. Les capots moteurs sont solidaires de la caisse.
Détails. — Peu de détails d´origine sont à installer, ils sont regroupés sur la photo 5 . L´échelle arrière, ainsi que la bordure du porte-bagages sur le toit sont à bien limer et poncer, car ils sont déjà soudés mais il reste des excès de soudure. La photo montre les lattes du porte-bagages évoquées par une plaque de laiton fraisé, j´ai préféré la remplacer par des bâtons d´esquimaux, teintés et patinés à la terre à décor. Photo 5
Le moteur (Mabushi 5 pôles) est installé sur le châssis pour les premiers essais qui se sont révélés concluants: les opérations suivantes sont donc entreprises. Le bloc moteur est articulé selon un axe perpendiculaire à l´axe des essieux, une suspension trois points est ainsi réalisée.
Photo 7 a la francaise Peinture. — Cet autorail a été préparé pour l´anniversaire des cinq ans d´Antoine, le plus jeune membre du Trio M, c´est donc lui qui a choisi les couleurs de la caisse et des sièges : bleu foncé pour les banquettes et dossiers, bleu P.L.M. et crème pour la livrée extérieure.
La procédure clairement décrite dans le hors-série Loco-Revue sur la peinture a été scrupuleusement suivie, avant l´application à l´aérographe de 2 couches d´apprêt chromato-phosphatant (Huet). Ensuite 5 couches de peinture nitrosynthétique Huet, diluée au volume équivalent de diluant universel ont été appliquées toutes les 10-15 minutes. Et voilà le résultat, après assemblage des différentes parties ( photo 6). Et deux autres photos avec un soleil couchant, 7 et 8 . C´est donc la version que fournit la boîte du kit (les vitrages sont fournis, je ne les avais pas encore collés).
Photo 06 Photo 08
Améliorations — Quatre points ont permis d´améliorer l´aspect du modèle :
— pose des planches en bois véritable du porte-bagages de toit : il s´agit de bâton pour glace, teintes avec de la teinture à l´eau, et patinés avec de la terre à décor (essentiellement du gris éléphant) ;
— peinture de l´intérieur avec de l´acrylique à l´eau couleur café, puis “dry brushing” avec un marron plus foncé ;
— installation des cloisons en carton, peintes comme l´intérieur et évocation du pupitre du conducteur ;
— patine extérieure avec de la terre à décor pour évoquer un peu de rouille (résultat moyen, mais c´était la première fois que je patinais un de mes modèles).
Après la pose des vitrages, et des noms de Dion et Bouton sur la calandre, le huilage des pointes d´essieux, des axes des engrenages, le graissage des engrenages eux-mêmes, le modèle fini est enfin essayé: tout fonctionne bien, le rapport de démultiplication est bien choisi (1/40) et permet de bons ralentis. Des vibrations se font entendre, elles proviennent vraisemblablement du contact caisse-châssis, mais elles imitent presque le bruit d´un moteur thermique! Les caractéristiques du modèle fini sont: longueur tampons compris : 370 mm, entraxe entre essieux: 192 mm, largeur : 97  mm, poids avec le lest : 2900 g, sans le lest : environ 2 kg.
Les photos ci-dessous montrent ce modèle plein du charme des secondaires français, s´ébrouant dans le jardin.
Photo 09 Photo 11
Conclusion. — C´est un modèle simple à construire, que l´on peut détailler sans trop de temps ni d´efforts, et qui une fois assemblé et peint possède un charme certain. Enfin, c´est un modèle artisanal français, original et qui n´a jamais été produit à l´échelle industrielle.

Toutes les photos et schémas sont © J.-M. Menet pour Ptitrain.
Le “Trio
M”

Juin 2002.
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique... — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. 01/30/2006 12:51