Modification des aiguillages Peco Electrofrog
 Jean-Louis Simonet. — 26 novembre 2002 — Après pas mal de versions de modifs d´aiguillages, sur mon réseau, et des résultats plus ou moins aléatoires, j´ai mis en place, dans l´extension du réseau en cours de construction, ma propre version de la modif dite “Allan Gartner” (voir page web) qui offre une continuité parfaite de l´alimentation tout au long de l´aiguillage.
La modification consiste à isoler totalement le coeur de l´aiguille et à le ré-alimenter à travers un relais bistable commandé en parallèle avec le moteur d´aiguille (Peco) et à améliorer l´alimentation des pointes d´aiguilles ainsi que des rails qui y mènent. La première photo montre un aiguillage après modification

La photo ci-dessous montre les dessous de la chose et le câblage. L´isolation du coeur d´aiguille se fait en deux endroits :
1. En coupant les deux rails qui mènent du coeur aux pointes d´aiguille. Cette opération est réalisée à l´aide d´un disque à tronçonner dans un outil rotatif genre Dremel ou autre. Le trou ainsi créé est ensuite bouché à l´aide d´un petit morceau de Plasticard d´épaisseur adéquate collé à l´aide de colle Cyano. Après sèchage complet, ce morceau de Plasticard est coupé puis limé à la forme du rail.
2. En insérant deux éclisses isolantes sur les deux rails centraux de sortie d´aiguille.

Quelques remarques importantes concernant cette opération :-
Pour la coupure des rails, je recommande d´utiliser un disque usagé (de faible diamètre) de manière à éviter de couper (ou entailler) en même temps les deux rails extérieurs. -
Si l´outil rotatif est de diamètre plus important que celui du disque (ce qui est généralement le cas), il n´y a aucun problème à faire la coupure en biais. -
Cette opération, tout comme la soudure que l´on verra plus loin, génère beaucoup de chaleur et risque d´endommager les parties plastiques de l´aiguillage. Il est donc indispensable de mettre en place un “radiateur” pour évacuer la chaleur. Le moyen le plus simple pour cela est d´utiliser un chiffon ou un Sopalin bien imbibé d´eau que l´on place sur l´ensemble de l´aiguillage (sauf la petite partie où l´on travaille), bien en contact avec les rails. C´est très efficace et vous évitera bien des surprises.
Les deux rails qui mènent aux pointes d´aiguilles, ainsi que les pointes elles-mêmes ne sont alimentées que par les contacts des pointes d´aiguilles, contacts très aléatoire qui ont tendance à se dégrader dans le temps (ou rapidement, lors des opérations de ballastage). Il faut relier chacun de ces rails aux rails extérieurs pour éviter ces inconvénients. Pour ce faire : :
1. Percer deux trous horizontaux dans le travelage, juste au dessous du rail (en contact avec le rail), d´un diamètre correspondant au fil de câblage utilisé (prévoir un diamètre important pour du digital — 0,5 mm2).
2. Y insérer l´extrémité dénudée d´un morceau de fil que l´on prévoira suffisamment long pour aller jusqu´au relais. et souder ce fil aux deux rails (voir photo). Du côté extérieur, la soudure, bien entendu ! !
Profitez que vous avez le fer à souder en main pour souder le fil d´alimentation du coeur sur le contre-rail de ce même coeur et n´oubliez pas le “radiateur” pour toutes ces opérations.
Le plus dur est fait. Il ne reste plus qu´à mettre votre aiguillage en place, avec son moteur et à câbler tout ça. À noter que l´opération peut être réalisée une fois l´aiguillage en place, mais avec un peu plus de difficultés qu´en le faisant avant installation.
Le dessous des choses...
Pour ce qui est de l´installation du moteur d´aiguille, pas de problème, vous faites cela tous les jours... En ce qui concerne les moteurs Peco, je conseille cependant une alimentation par décharge de capacité (voir p. ex. Techno facile, une des pages de Ptitrain) qui fournira une bonne impulsion (24 à 30 volts) de manière à basculer franchement ces moteurs très gourmands en courant (plusieurs ampères) et des fils d´alimentation appropriés, pour éviter les chutes de tension (0,75 mm carré).
Le relais utilisé pour basculer la polarité du coeur est un relais bistable (c´est-à-dire un relais qui n´est alimenté que lors du basculement) alimenté en parallèle avec le moteur d´aiguille. Ces relais possèdent deux bobines et sont donc immédiatement connectables au moteur d´aiguille (respecter les polarités). Dans mon cas (commande par décharge de capa), j´utilise des relais à bobines 24 volts (pouvant fonctionner entre 18 et 40 volts) de marque Omron type G6AK et disponibles chez Radiospares pour un prix unitaire aux environs de 4 euros HT. Ces relais existent en plusieurs tensions de bobine en fonction de votre configuration. Les deux paires de contacts sont câblées en parallèle de manière à supporter le courant de court-circuit de ma centrale Digitrax (5 ampères), chaque contact étant donné pour 3 ampères.
le circuit imprimePour mon utilisation, j´ai réalisé des circuits imprimés pour le montage de ces relais afin de faciliter le câblage, mais cela n´est pas indispensable. Pour info, je vous livre le dessin de ces circuits (vue de dessus — cliquer ici pour avoir une image à l´échelle 1, une fois imprimé). À noter que ce circuit imprimé permet un câblage direct sans aucun croisement de fils. Les bobines de ces relais étant polarisées, il est nécessaire de respecter la polarité : polarité positive sur le commun (la borne centrale) ; polarité négative sur les commandes (bornes droite et gauche) du bornier de commande (celui où aboutissent les traces les plus fines du circuit imprimé).
Il ne reste plus ensuite qu´à relier vos moteurs d´aiguilles à vos commandes, à câbler les relais en parallèle avec ces moteurs d´aiguilles et à connecter les contacts au coeur d´aiguille et aux deux rails extérieurs. Voir pour cela la photo 2.
Voilà. C´est terminé ! Tout cela peut paraître compliqué, mais je vous assure que ça ne l´est pas et que c´est bien plus long à expliquer qu´à faire. Il me faut moins de 10 minutes pour complètement modifier un aiguillage. Alors, croyez-moi, lancez-vous. Le jeu en vaut la chandelle : vous aurez un fonctionnement absolument fiable moyennant quelques petits efforts.
Certains esprits chagrins pourraient trouver que cela défigure les aiguillages. Un peu de peinture sur les rails, l´isolation, les fils et les soudures, suivi d´un bon ballastage et on ne verra absolument plus rien.
Il est tout de même à noter que cette modif ne vous empêchera pas d´avoir des courts-circuits sur vos aiguillages si vous envoyez un train “en talon” sur un aiguillage qui n´est pas dans le bon sens (le coeur ne sera pas à la bonne polarité). Une solution, si vous ne pouvez pas maîtriser vos trains, consiste à insérer en série entre le relais et le coeur d´aiguille une ampoule de feu arrière de voiture qui limitera le courant. Bon courage...
Jean-Louis Simonet.

Note — Les textes ci-dessus n´engagent pas la responsabilité du magazine Ptitrain. ni celle de leurs auteurs, ni celle de personne !
Jean-Louis Simonet est le co-auteur avec Fabrice Fayolle du site traiN'ternet et
également le webmaster de ce même site, à visiter ici : traiN'ternet:

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