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L´apprêt ? Avant ! |
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18617 Pierre-Henri
Bayard (mercredi 27 mars 2002) C´est juste pour une question stupide :
l´apprêt de surfaçage, vous le passez avant ou après
l´apprêt phosphatant ?
 18624
Gérard Huet Cette question n´est pas
stupide, parce que beaucoup de personnes me la posent. Il suffit de comprendre
à quoi servent les deux produits :
1° Le primer
phosphatant (et non pas l´apprêt comme on le voit trop
souvent par erreur) est un produit d´accrochage qui fonctionne par réaction
chimique avec le métal : il doit donc être passé directement
sur le métal nu (donc en premier). Il faut le pulvériser en une ou
deux couches très fines (quelques microns suffisent). Utilisez de préférence
un primer phosphatant monocomposant à séchage rapide (1 heure
pour le mien). Autrefois on utilisait des produits bi-composants avec un dosage
hyper-précis, ayant un temps d´utilisation de quelques heures et qui
demandaient 48 heures de séchage minimum : la galère...
2° L´apprêt
de surfaçage est un produit de garnissage, qui s´utilise comme
une peinture, donc à passer sur la couche de primer phosphatant.
Ce produit se tend au séchage et donne une surface plus ou moins lisse qui
bouche les petites aspérités. Peut se rendre utile sur
les pièces en métal blanc. Personnellement je n´utilise jamais
ce type de produit (surtout sur des surfaces laiton). Un polissage soigné
avant peinture me semble préférable : il faut savoir perdre
du temps à poncer, polir, reponcer, repolir... avant de passer aux opérations
de décoration.
18626 Mr.
Gégé Je ne suis pas certain de la réaction d´un
primer phosphatant sur de l´apprêt de surfaçage. Je n´ai
jamais essayé avec mes produits en tout cas. Attention, un primer n´est
pas une peinture. Quant aux apprêts de surfaçage (ou garnissants),
je ne connais pas la nature exacte de ces produits.
18630 Bernard
Marchand J´ai longtemps travaillé au niveau professionnel avec
le S.I.T.S. (Syndicat des industries du traitement de surface). Lorsque j´avais
l´occasion d´entretiens privés avec certains de ses membres
que je connaissais bien, je leur posais invariablement la question : comment
faire au mieux pour peindre du laiton, en pensant à nos modèles réduits ?
Leur réponse était invariable : décapage puis peinture.
Lorsque je leur parlais
de la phosphatation (amorphe ou cristalline) que je rencontrais souvent sur les
chaînes industrielles, ils m´ont tous répondu que ça
ne sert à rien sur du laiton et que ce n´est utile que sur des métaux
ferreux (formation d´une pellicule anticorrosive de phosphate de fer). Je
n´ai jamais eu confirmation de ceci dans un bouquin, mais vous livre quand
même l´information.
P.-S. : Depuis
je n´utilise plus d´apprêt mais passe une première couche
fine de peinture que je laisse bien sécher au moins une 24 heures (peinture
Interfer).
18636 Franck
Tavernier Pour la peinture du laiton, je n´utilise plus le sablage,
pour les raisons évoquées précédemment
sur cette liste, à savoir équipements spécifiques
à prévoir à chaque séance, difficulté de sabler
en intérieur, durée d´une séance et préparation
des équipements assez longs... Ceci malgré la qualité du travail
obtenu qui, je tiens à le répéter, est excellente ! Bref,
j´ai essayé une autre technique. Je n´utilise pas de primer,
ni d´apprêt de surface.
Je fais un décapage
complet du modèle avec le nettoyant-dégraisseur Railcolor E505,
de Mr. Gégé. Ensuite nettoyage à l´eau tiède
savonneuse, puis rinçage à l´eau claire. Une fois le modèle
bien sec (séchage au sèche-cheveux), j´applique, soit par trempage,
soit au pinceau, un brunisseur chimique. J´ai obtenu les meilleurs
résultats avec la solution proposée par la firme A-West (U.S.A.)
et qui porte le nom de Blacken-It. Le produit n´empâte
pas les détails. Lorsque le brunissage et parfaitement sec, j´applique
ensuite la couleur de base, à l´aérographe. Important :
toutes les manipulations depuis le stade du dégraisseur jusqu´à
celui de la peinture, sont faites à l´aide de gants latex type chirurgien,
afin d´éviter les traces de doigts éventuelles. Ensuite, pour
les mêmes raisons, lors des différentes phases de peinture et de patine,
j´utilise des gants en coton blanc, que j´achète soit chez Micro-Mark,
soit chez le photographe.
Lorsque vous utilisez
le nettoyant-dégraisseur Railcolor, il faut absolument travailler dans une
pièce parfaitement aérée, d´une part pour la santé,
d´autre part car le produit est extrêmement corrosif pour les pièces
métalliques (laiton ou acier). Avantage également du brunisseur,
sa teinte naturelle étant noire, celle-ci me sert de fait, de
pré-ombrage, et ainsi me permet de ne passer que quelques voiles très
légers de la teinte de base, la couleur noire ne resurgissant
pas derrière la teinte de base.
18639 Mr.
Gégé J´ai fait l´essai, avec et sans mon primer
phosphatant : question résistance il n´y a pas photo. Avec le
primer, ça tient et on risque pas les manipulations sans primer,
la peinture n´a pratiquement aucune adhérence naturelle. Je parle
pour des peintures à évaporation de solvant comme les cellulosiques
(Railcolor) ou acryliques (Interfer). Si vous utilisez des peintures glycérophtaliques
(genre Humbrol), le primer n´est pas utile, ces peintures ont de grandes
capacités d´accrochage sur les métaux. C´est vrai que
la phosphatation ne peut se faire que sur des métaux ferreux et n´a
donc pas d´action sur le laiton. C´est peut-être pour cela que
je n´avais pas bons résultats avec le GP2 de Valentine (primer phosphatant
à deux composants) ou ses équivalents. Mon primer est un phosphatant
avec qualités d´accrochage sur tous métaux (résistant
aux hydrocarbures, brouillards salins, huiles de coupe ou huiles moteurs, aux huiles
cétoniques). Il a de plus une grande résistance mécanique
et des qualités d´élasticité supérieures aux
peintures. En fait c´est un produit qui a été développé
pour traiter les armoires électriques de matériel aéronaval
(produit à agrément militaire).
La meilleure solution
pour se passer de primer d´accrochage, c´est le sablage (ou le microbillage).
Le primer blanc a aussi un gros avantage : il donne une couche de fond brillante
de quelques microns seulement mais qui fait ressortir tous les défauts.
Il suffit d´attendre le séchage complet (une heure sous une lampe
de bureau) et on peut éliminer au scalpel toutes les petites saloperies,
les poils (1) ou poussières traîtresses, et grattouiller les chtites
pointes de soudure qui ont échappé au nettoyage et ponçage
d´avant peinture.
(1)
Les poils... Monsieur Poussy serait-il visé ? ! Non,
ce sont de micro-poils qui sont dans l´air. Actuellement, avec les pollens
qui se baladent dans les jardins, c´est l´horreur. Les poils du chat,
c´est surtout le clavier de l´ordinateur et la roulette de la souris
qui dégustent...
18654 Pascal
Banneville Me voilà de retour ce matin après des ponçages
nocturnes des moustaches de la 25000. Comme je le disais et la indiqué Mr. Gégé,
je confirme avoir passé du phosphatant puis de l´apprêt lissant
puis re-du phosphatant. Avec du ponçage tous azimuts aux endroits qui vont
bien entre-temps (j´ai fais un sort aux moustaches). Le résultat avant
mise en peinture paraît O.K., mais je me méfie de l´appréciation
des surfaces lorsqu´elles sont mates. Je confirmerai après peinture
et vernis.
18658 Mr.
Gégé Regardez votre bestiole sous un éclairage rasant
(lampe de bureau halogène) et sans contre-jour (dans une pièce sombre) :
ça fait ressortir tout plein de défauts oubliés.

Je ponce, donc j´essuie !
C´est idiot mais, le matin, ça détend. Mr. Gégé
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