Mise en boîtes, le retour...
Ça n´est pas la première fois que Doc Toofoo s´intéresse aux problèmes du rangement, une des douze plaies auxquelles sont confrontés les modélistes ferroviaires. Déjà il nous avait montré ses tiroirs plats, suivi en cela par son jeune disciple Manu Lazard, puis il a fabriqué une boîte pour ses forets, un étui pour ses batteries d´appareil photo, avant de peaufiner enfin son opus sur le Train et l´Ordre avec ses boîtes à pizza...
Lors d´une visite chez un collectionneur parisien, Monsieur X..., nous avons été ébahi par une vitrine pleine de superbes locos ! Et pourtant, malgré la magnificence de cette exposition, ce monsieur possédait en fait bien plus de matériels qu´il n´en pouvait exposer !


Pour gérer ce stock débordant de la vitrine, M. X. a résolu un problème qui se pose à tous les hamsters (1) : comment stocker rationnellement nos matériels et les empiler alors que la géométrie de leurs boîtes est totalement fantaisiste — au gré du fabricant... 
(1) Un “hamster” est un ferrovipathe qui achète pendant toute sa vie tout ce qui se vend comme loco et wagons, en attendant de pouvoir un jour avoir une cave, un grenier, du temps libre, une retraite, etc. C´est lui qui revend (totalement neufs) des wagons de 1980 quand, en 2003, une nouvelle version sort chez un autre constructeur et rend les siens obsolètes... Le “hamster” achète aussi des kits (non construits), tous les kits !... en attendant de savoir souder, de savoir peindre... Si vous voulez voir de près un “hamster”, venez me voir à la maison
   
Quoique ayant mis précieusement de côté les emballages originaux (pour conserver la valeur de l´objet lors d´une éventuelle revente), il a donc refabriqué des boîtes ayant toutes une forme commune, permettant un rangement raisonnable et rationnel.
Ancien déménageur, M. X. manie le carton comme un maître (2) : des calendriers de récupération en carton très fort sont découpés au cutter pour faire des boîtes... de toute beauté !
(2) J´étais allé chez lui pour acheter vingt ans d´anciens numéros de Loco-Revue : ils étaient si bien ficelés que j´ai bien failli ne jamais oser les déballer...
   


Possédant, comme lui, plus de locos qu´il est possible d´en faire rouler sur mon malheureux petit réseau, je décidai, une fois rentré dans mes pénates, de me lancer moi aussi dans l´emballage raisonné. Voici le résultat de mes propres études.
D´abord, il faut simplifier le problème et rationaliser la chaîne de fabrication. Qu´est-ce qu´une boîte ? Un bas et un haut. Le haut est un peu plus grand que le bas pour permettre l´emboîtage. Commençons par le bas.
Nous allons tracer (avec notre logiciel de dessin favori) puis imprimer un “patron” qui servira à fabriquer en série (un seul patron est nécessaire pour toutes les boîtes de même taille). La longueur L dépend de vous, votre échelle, vos matériels. Je pense que trois longueurs normalisées sont un minimum si l´on veut occuper l´espace de rangement sans trop de pertes : matériels longs, moyens et courts. Mes matériels “moyens”, par exemple, me dictent une longueur L de 170 millimètres. La largeur P (c´est la hauteur de mes locos) dépend aussi de l´échelle, mais elle sera identique pour toute la collection. J´ai choisi 55 millimètres. La hauteur H de la boîte (c´est donc la largeur des locos), je l´ai choisie de 40 millimètres.
J´ai marqué d´un signe “ciseaux” les endroits à couper au cutter, pour ne pas les confondre avec les endroits à simplement plier. Et j´ai marqué d´un cercle les quatre coins de la boîte, vous allez voir pourquoi. Voici ce patron .


J´ai choisi un carton beaucoup moins dur que du calendrier de récup, car mon problème est surtout de protéger contre la saleté, la poussière, les manipulations, les rayures — et non contre les chocs (aucun transport de mon matériel n´est prévu dans le demi-siècle à venir). Un bristol de 150 grammes (0,5 millimètre d´épaisseur) fera mon affaire (3).
(3) Si vous êtes comme moi “mimo” dans l´âme, vous utiliserez des emballages vides du commerce. Je fais de très belles boîtes avec des Cracottes Heudebert... Je place évidemment la partie imprimée à l´intérieur, l´extérieur est gris... C´est moins chic que le bristol.
Je le découpe aux dimensions extérieures de mon patron. Je pose mon patron sur le bristol et je marque avec une pointe fine (pointe à tracer, clou effilé...) les quatre coins marqués d´un cercle. Juste quatre trous, aucun autre marquage n´est nécessaire !
J´enlève le patron. En posant ma règle sur les quatre points troués, deux par deux, et tout en regardant le patron, je tranche au cutter les quatre traits marqués d´une icône ciseau.
Tous les autres traits sont simplement marqués d´une rainure au cutter pour aider au pliage. Je plie le bristol en m´aidant d´un rebord de table.
Voici le fond ... et les extrémités : deux agrafes fixent chacun des deux bouts.
Pour les boîtes longues, ou les matériels lourds, je couvre le fond et les extrémités d´une couche de carton ondulé de récupération (4) pour augmenter la solidité (avec un point de colle blanche de menuiserie)... Voilà, le fond est fini 
(4) Si vous décidiez de mettre au fond une couche de mousse ou un matériau anti-chocs, surtout assurez-vous que ce matériau ne se détruira pas avec le temps. J´ai perdu une face de toute ma collection de voitures Forestier R.M.A. et en plaçant, de bonne foi, dans un tiroir tapissé de “bulle gomme” : en vieillissant, le caoutchouc s´est fixé sur les peintures et les a mangées. Grâce au dieu des hamsters, je possède un réseau “tour de pièce” et donc le visiteur ne peut voir qu´une seule face de mon matériel roulant De même, on a tendance à vouloir emballer avec du film ménager rétractable : c´est une catastrophe quelques années plus tard (des toitures de mes C.I.W.L. Jouef sont restées collées au “film” ).
 

Et voilà une 141 bien au chaud pour l´hiver !


Pour le dessus de la boîte, un second patron est fabriqué, avec des dimensions L2 (172 mm), P2 (58 mm) et H2 (24 mm) évidemment différentes. (Deux millimètres de différence pour l´emboîtage du couvercle me paraissent nécessaires et suffisants.)


J´ai aussi prévu sur le patron l´emplacement d´une fenêtre (facultative) transparente, au centre. Il y a donc huit trous à marquer à la pointe à tracer. La suite des opérations : découpage du bristol, découpage des endroits marqués d´un ciseau , rainurage des endroits à plier, découpage de la fenêtre centrale, pliage... vous est connue.

La fenêtre est faite de chutes de blisters transparents fixés avec une colle ad hoc (choisir parmi vos colles celle qui est compatible avec le plexi et le bristol). Pour les couvercles, il n´y a pas de garnissage de carton ondulé et les extrémités sont collées et non agrafées car ce ne serait pas esthétique. Des pinces tiennent les bouts pendant la prise de la colle blanche.

Voilà le résultat ; une petite étiquette est imprimée sur de l´autocollant, et en deux exemplaires, un pour le dessus du couvercle, un pour le bout. Les boîtes étant de longueurs normalisées (normalisées par moi !) ne correspondent pas exactement aux locomotive ; j´ai découpé des bouts de mousse pour que le matériel ne flotte pas à l´intérieur de son emballage, ce qui rayerait les peintures et abîmerait les patines.

Un dernier coup d´oeil sur les locos de Monsieur X... et à bientôt !




N.-B. — Tous les documents sont © Doc Toofoo pour Ptitrain
Doc Toofoo
Février 2004.
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique... — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. 01/28/2006 0:43