Un kit électronique...

Y a pas que les kits de train dans la vie ! Pour quelques euros (moins de dix !), on peut s´initier au montage de petits gadgets ou d´objets indispensables : je vous laisse juges de ranger dans une de ces deux catégories un générateur de bruits (tchou-tchou + sifflet) de locomotive à vapeur ;-)
C'est le belge Velleman qui commercialise ce tout nouveau kit, et (bien que ce soit dans sa série économique “Mini-Kit” ) c´est un gage de qualité (depuis que j´en construis, je n´ai pas eu la moindre déception ; la télécommande de T.T.T. est aussi issue du catalogue de cette marque).
Rien à voir, bien sûr, avec les bruiteurs top-modèles dont nos amis DCC-philes truffent leurs locomotives ! Il s´agit juste, dans la gamme de prix “dix euros”, de s'amuser et de s´instruire ! Et, pourquoi pas, de faire ses premiers pas dans une “électronique à la Ptitrain”, suivant la devise “Il vaut mieux un p´tit chez soi qu'un grand chez les autres !
Le mini-manuel sert d´emballage au kit, avec (hélas) une couverture pas commerciale car trop discrète , un petit mode d´emploi multilingue, et le schéma du montage ! Cette incitation à la copie est très “couillue”, reconnaissons-le : ça veut dire que Velleman est sûr de lui, en faisant une offre qualité-prix qui défie le piratage 
À l´ouverture de la boîte, le manuel de montage paraît clair et détaillé (on verra au fur et à mesure qu´il prévoit tous les dérapages de la clientèle). Le circuit imprimé est clairement sérigraphié avec la silhouette de tous les composants à implanter.
Côté cuivre, des grosses pastilles faciles à viser et un vernis qui empêche les débordements lors du soudage. Le circuit est livré un peu collant : je l´ai nettoyé à l´acétone pour bien le dégraisser — la soudure n´aime pas le gras ! Les composants sont livrés en vrac — mais ça n´est pas un problème pour un mini-montage comme celui-ci.
La première résistance placée côté composants. Côté cuivre, ses connexions sont légèrement pliées vers l´extérieur, pour qu´elle ne tombe pas quand on retourne le circuit pour souder. Mais pas trop pliées quand même, pour ne pas empêcher une dessoudage éventuel. La panne du fer est présentée pour chauffer à la fois le fil du composant et le cuivre du circuit. La soudure à l´étain est posée sur la panne chaude...
Et elle fond en deux à trois secondes, laissant une petite colline brillante d´étain fondu. Une soudure en boule, ou mate, ou granuleuse, est une soudure ratée (ce que le mode d´emploi de Velleman explique aussi ). Les pattes du composant sont coupées à ras, avec une très bonne pince coupante réservée à cet usage (et pas pour couper les rails ).
Quoique les résistances n´aient pas de sens, on les placera quand même toutes avec l´anneau doré ou argenté du même côté pour faciliter une “lecture” ultérieure du circuit imprimé (dépannage...).
Dès que la panne du fer n´est plus propre et brillante, on l'essuie sur une éponge humidifiée.
Soudage des diodes. Le manuel insiste à juste titre sur le soin à apporter au sens — un anneau de couleur à l´envers (voir les flèches sur les photos) et c´est tout le kit qui est foutu ! Je laisse toujours quelques millimètres de vide sous les diodes pour les faire un peu moins chauffer lors du soudage.
Pas de soucis avec les condensateurs , ni avec les interrupteurs ... Et on en arrive aux petites bêtes à trois pattes, les transistors.
La notice et la sérigraphie sont claires, représentant le petit triangle détrompeur formé par les connexions. Les pattes sont pliées légèrement vers l´extérieur et le soudage sera de préférence... expéditif !
Pour souder les bornes de raccordement qui “flottent” dans leur trou, on les maintient à bonne hauteur avec une brucelle à becs croisés . Livré emballé comme du chocolat (pour lutter contre l´électricité statique destructrice), le circuit intégré , qui contient quatre amplificateurs !
Le C.I. et son support doivent être bien orientés comme l´indique la sérigraphie, la petite encoche (voir les flèches sur les photos) du même côté. La brucelle est aussi utilisé le temps de souder les deux extrémités du support de C.I. (flèches).
Pour les condensateurs “chimiques”, bien respecter le sens du “plus”. Sur les modèles fournis par Velleman, un des fils est plus long que l´autre, ce qui n´est pas toujours le cas ailleurs — généralement c´est le signe “plus” ou “moins” dessiné sur le composant qui nous sert de guide.
Horreur ! Un “pont” de soudure lors du soudage d´un “condo” ! L´étain distribué en trop grande quantité a rempli l´espace entre deux pastilles ! Danger !
On s´en sort habituellement avec de la “tresse à dessouder” ou en retournant le circuit cuivre en dessous (la soudure excédentaire va couler sur la panne du fer). J´ai la mauvaise habitude de passer un petit coup de fraise avec une mini-perceuse.
Après ce genre d´intervention ”mécanique”, attention à bien débarrasser (à la brosse à dents) la poussière métallique !
Pour les potentiomètres, encore une fois les pattes sont légèrement repliées vers l´extérieur avant soudage
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Dernière opération : mise en place du circuit imprimé sur son support. Bien veiller à ce qu´une patte ne se replie pas vers l´intérieur ! Agir en douceur ! Ça y est, il n´y a plus de pastille cuivrée libre — et il ne reste plus de composant ! Donc on a fini notre tâche !
Et voici arrivée l'heure de vérité. On branche le haut-parleur, et une pile 9 volts (ou l'alim25 du Meccano électronique réglée à 9 V)... On manipule les réglages de vitesse et de volume, on démarre tous purgeurs ouverts, on siffle ! Ça maaaaaarche !

(1) Ce kit est si nouveau que Velleman.be n'a pas encore traduit sa page web de l'anglais vers le belge Mais le kit, lui, est bien multilingue.
(2) Pour les kits non électroniques, mes chéris restent bien sûr les catalogues de M'sieur Gérard Huet ou de L.S.L. Chuis un peu fâché contre Model-Loco à cause de sa “Revolver” merdique ;—(
Jidé
23/11/03 1:36

Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique. — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet