Des poteaux électriques en bois
pour vos décors |
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par Christian Humbert |

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Quelques généralités |
Le transport de l´énergie
électrique est assez peu visible en ville, les câbles de distribution étant,
le plus souvent, enterrés. Il n´en est pas de même dans nos campagnes où
l´on ne peut pas faire plus de cent mètres sans voir, de près ou
de loin, une ligne électrique.
Ce transport s´organise
en plusieurs réseaux distincts qui sont interconnectés par des transformateurs :
le
réseau T.H.T. (très haute tension), dont les lignes sont soutenues
par des pylônes métalliques de grande hauteur et qui comportent un ou deux
jeux de trois câbles transportant le courant triphasé. Un quatrième câble
court au sommet des pylônes afin de préserver les ligne de la foudre et
éventuellement de faire transiter les signaux de communication ;
le
réseau H.T. (haute tension), également soutenus par des pylônes de
moindre hauteur ;
le
réseau M.T. (moyenne tension), soutenus par des poteaux, aujourd´hui
en béton, qui supportent trois câbles habituellement en triangle ;
enfin, le
réseau B.T. (basse tension), qui distribue l´énergie directement
au consommateur individuel et qui comporte, généralement, des câbles torsadés
supportés par des petits poteaux métalliques à section polygonale de relativement
faible hauteur.
Tout cela fait en parallèle
avec la distribution du téléphone pour laquelle une multitude de câbles
peut être supportée par des poteaux, assez souvent en bois.
Je me suis souvent étonné
du fait que, malgré la qualité des détails et des photographies que l´on
trouve ici et là de réseaux H0, j´avais toujours une sensation de manque.
La raison m´en est venue un jour : moi qui ai durant des années pesté
contre ces fichus fils qui m´empêchaient de photographier à mon aise les
monuments et scènes que je voulais garder en mémoire, il me manquait, justement,
ces fils !
Pour
quelle raison trouve-t-on rarement des lignes électriques ou téléphoniques
sur les réseaux dont les réalisateurs n´hésitent pas, pourtant à
dépenser des fortunes pour placer des caténaires au-dessus de leurs voies ?
Je n´ai pas vraiment la réponse... mais pour moi, l´aspect prix de revient
ne doit pas être étranger au problème. Que l´on songe qu´une ligne téléphonique
comprend un poteau tous les 30 mètres environ, soit à peu près tous les
30 cm en H0. Sur un réseau de 4 m x 1,8 m, une simple
ligne faisant le tour du décor demande quelque 40 poteaux et même à
2,50 € pièce, on approche les cent euros, somme qu´il est bien plus
intéressant, à mon avis, de mettre dans du matériel roulant.
Je me suis donc attelé à
la réalisation de poteaux avec un cahier des charges bien connu de Ptitrain :
assez facile à réaliser, pas cher et suffisamment
réaliste. Je me suis, pour l´instant, limité aux poteaux en bois
distribuant la téléphonie ou la B.T., pour des raisons de facilité, mais
certaines techniques employées peuvent être transposées facilement.
Voyons d´abord la constitution
d´un poteau ; il comporte différents éléments :
le poteau lui-même, dont le diamètre dépend de la hauteur. Les poteaux
réels, d´après les renseignements glanés ici et là, ont pour les plus fins
un diamètre de 15 cm à la base pour une hauteur hors-sol de 6,25 m ;
les plus hauts, de 8 m, ont un diamètre de 22 cm et les montant de portique,
allant jusqu´à 22 m de haut, un diamètre à la base de 40 cm ;
les
isolateurs, de différents modèles, mais qui, dans mes souvenirs étaient
en porcelaine blanche à l´époque où se situe mon décor. Le verre genre cul
de bouteille existe également ;
les
cols de cygne qui permettent de fixer les isolateurs, soit directement
au poteau, notamment pour les lignes téléphoniques, soit sur une traverse
en bois ou métallique.
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Une première réalisation |
Un diamètre de 15 cm en
réel donne quelque chose comme 1,8 mm à l´échelle H0. Cela est petit
et risque d´entraîner des problèmes de solidité des éléments une fois construits.
J´ai donc travaillé à l´envers ! Mon idée étant d´utiliser des piques
à brochettes comme fût. Ces piques ont un diamètre de 2,8 mm, ce qui
représente quelque 24 cm à l´échelle 1. L´écart avec les 22 cm
des poteaux de 8 m étant faible, je décidai donc que mes poteaux feraient
cette hauteur.
Les cols de cygne ont posé
un autre type de problème : celui d´un réalisation en série. La pince
ronde n´étant pas assez précise pour donner la courbure que je voulais j´ai
donc construit un outillage spécifique. 
Il s´agit tout simplement
de deux aiguilles écartée de l´épaisseur du fil de cuivre utilisé pour la
fabrication de ces pièces, et placées de part et d´autre de la tangente
à un morceau de pique fichée dans le support. Le fil de cuivre en question,
d´un diamètre de 0,5 mm, est tiré de morceaux de fils
de téléphone abandonnés auprès d´un répartiteur par le technicien
chargé des raccordements. Facile à travailler et d´un coût nul, que demander
de plus ?
J´ai longuement cherché
comment réaliser les isolateurs. Après quelques essais, j´en suis venu à
l´idée d´utiliser des petits bouts d´isolant de fil de cablâge de 1,5 mm
de diamètre, certes un peu gros par rapport à la réalité, mais j´ai remarqué
que certains accessoires de nos réseaux avaient besoin d´être quelque peu
grossis si on ne voulait pas les voir pratiquement disparaître. Après un
essai qui manquait tout de même de réalisme, j´en suis venu à découper des
rondelles d´environ 0,5 mm d´épaisseur que j´empile sur un morceau d´isolant
plus fin provenant du fil de téléphone de récupération.
Pour couper tout cela, j´ai
réalisé un petit outil,
constitué d´un morceau de U d´alliage léger dans lequel sont percés,
dans une aile, deux trous taraudés dans lesquels viennent s´installer deux
vis de 4 et, dans l´autre aile, deux trous dans l´axe des premiers et dont
le diamètre dépend de celui des isolants à couper.
Le reste du matériel, comme
on peut le voir sur la photo de titre ,
existe dans toutes les boîtes à outils de modéliste : pinces coupantes,
cutter, brucelles de différents types, peinture acrylique... La colle utilisée
est un mélange 50/50 de colle vinylique et d´eau, du classique ! Ajoutez
à cela une perceuse et sa colonne du genre Dremel et.... beaucoup de patience.
Voici
mes deux premières réalisations :
un
poteau avec des cols de cygne fabriqués sur l´outillage décrit plus
haut directement fixés au poteau ;
un
poteau à traverse, les cols de cygne étant alors de simples équerres
de fil pliés à la pince ; la traverse est ici en bois est provient
d´un cure-dent, mais je n´exclus pas la réalisation d´une traverse métallique
par la suite.
Je trouve le résultat, pour
ma part, notamment avec la seconde génération d´isolateurs, assez réaliste.
Coût ? Pratiquement nul, les piques de brochettes pouvant provenir
de récupération après lavage de piques usagées. Difficulté de réalisation ?
Pas plus grande que celle de certains autres décors, il faut de la minutie
et éviter d´avoir deux mains gauches ou de travailler après un bon repas
bien arrosé...
Le cahier des charges est
donc bien rempli et je n´aurai plus cette sensation de manque sur mes dioramas.
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