Le problème du captage du courant
 Bruno Baguette (Bouchon) : Bonjour, je me souviens que l´on avait parlé d´un moyen d´améliorer le captage du courant sur un wagon. J´ai récupéré des essieux isolés, mais comment prendre le courant et l´emmener dans le wagon ? Il avait été question de cassettes audio, et de bandes métalliques en “chrysocale”... De la discussion qui a suivi la question, des pistes ont été évoquées :
— L´utilisation de bandes de chrysocale
— L´utilisation d´une bande métallique d´une cassette audio
— L´utilisation d´un wagon Fleischmann
— L´utilisation d´un fil de cuivre ou de bronze
— L´utilisation de paliers en bronze
— L´utilisation de flancs de bogies métalliques
— L´achat de bogies capteurs de courant

1. L´utilisation de bandes de chrysocale :
 Laurent Tiphaine (le Bip) : On peut acheter du chrysocale chez l´Octant. Ça se découpe très facilement, ça se plie, ça se soude. Le tout est de trouver un endroit où fixer les bandelettes (une par flanc) sans faire de court-jus, sans qu´elles se voient, sans qu´elles se barrent au premier aiguillage (pas bon, les bandelettes dans les aiguillages...). Je suis en train de rééquiper toutes mes locos pour qu´elles prennent le jus par tous les essieux mais le montage sur un wagon améliore encore le captage.
 Rietsch Pierre-Noel (le PN) : Quelqu´un sait où ça peut se trouver en Suisse, et comment ça s´appelle en allemand ?
 Xavier Thiriet (le THX) : Le chrysocal(e) est une appellation barbare pour du “bronze phosphoreux”. Je laisse traduire en teuton...
  Bruno Baguette (Bouchon) : Où soudes-tu ces bandes ? Sur quelle partie de l´essieu fais-tu frotter la bande ? Sur “la barre” entre les deux “roues” où sur le flanc intérieur des “roues" ?
Est-ce que le frottement est bon ou bien dois-tu appuyer régulièrement sur la bande pour qu´elle reste bien en contact sur l´essieu ? Peux-tu donner un ordre de prix du chrysocale ?
  Laurent Tiphaine (le Bip) : Je soude les bandes sur le bloc central des bogies et je fais frotter la bande métallique sur l´intérieur de l´essieu de préférence (ce ne se voit pas, la surface de contact est plane et large). Je ne me souviens plus du prix mais ce doit être autour d´une dizaine d´euros une petite plaque amplement suffisante pour des dizaines de wagons et étant nul (mais alors nuuuuuuuulissime) en électronique, je ne m´emm... pas avec des condensateurs, la multiplication des points de captage limite suffisamment les risques d´interruption.
  Xavier Thiriet (le THX) : Sinon, solution pratiquée par les grandes marques (voir Jouef ci-dessous ) pour (notamment) l´éclairage intérieur : des bandes qui frottent (beaucoup trop) sur l´axe de l´essieu. Non seulement cela fonctionne de manière aléatoire, mais cela rend le roulement exécrable. Pour fiabiliser la solution précédente, il s´agit de positionner les bandes de manière qu´elles s´appuyent sur les boudins de roues, où encore sur le dos des roues.
  Jean-Denis Rondinet (Jidé). Anecdote : enfant, je passai un jour chez Weber pour acheter du chrysocale ; un morceau de quelques centièmes d´épaisseur et d´environ 15 x 30 cm... (De quoi équiper 100000 wagons, soit dit en passant ;¬) Le vendeur me l´emballa puis le pesa ; un autre vendeur arriva, fit déballer le métal, puis re-peser, puis remballer... Je compris pourquoi en passant à la caisse : dans ce morceau de métal pas plus lourd qu´une feuille de papier, des semaines d´argent de poche venaient de partir en fumée !!!

 Feu Jouef fournissait des pièces en chrysocale pour la prise de courant ; le prix de 1 “nouveau franc” donne une idée de l´âge de cette pochette ! Ah, ces hamsters...

Du chrysocale en bande fine (au-dessus), et la pièce Jouef (en dessous). À droite, un bogie Jouef prêt à prendre le courant (un fil très très souple sera soudé en A),
  Claude Bolterys : Je crois que le chrysocale s´appelle aussi bronze phosphoreux, me trompé-je ?
  Bruno Baguette (Bouchon) : C´est bien exact ! Le chrysocale est un alliage de trois métaux : zinc, cuivre et étain. Cet alliage a une apparence qui se rapproche de l´or.
  Robert Bremond : Il existe aussi du bronze au bérylium tres résistant à l´usure mais plus rigide. Il convient tres bien pour refaire des patins de contact pour les motrices 3 rails.
  Franck Tavernier : J´avais répondu à l´époque sur le sujet. Voilà en gros ce que j´avais répondu :
    Le chrysocale et le bronze phosphoreux sont des alliages de cuivre avec quelques variantes significatives. En fait nous avons à faire à des “bronzes”, mais alliés à d´autres matières différentes et dans un but différent. Ils ne sont donc pas exactement les mêmes métaux !
Le bronze est en base un alliage de cuivre et d´étain (CuSn) et suivant des pourcentages donnés. Par exemple CuSn9, donne 91 % de cuivre et 9 % d´étain. Pour augmenter la résistance mécanique du bronze, on y ajoute un certain pourcentage de phosphore — ce qui a pour effet d´augmenter la dureté de l´alliage. Il existe différentes formes de bronze phosphoreux, comme le CuSn9P, CuSn12P. On augmente le pourcentage d´étain et de phosphore pour jouer sur la dureté du métal.
Sous forme de feuillard, il offre une grande résistance mécanique, on dit aussi qu´il a une qualité “ressort” ! Il existe d´autres alliages pour augmenter la dureté, le “must” reste le béryllium, qui permet d´obtenir un bronze extrêmement dur.
Le chrysocale est en fait un bronze auquel on y a ajouté du zinc. Il faut savoir que le phosphore à une résistivité électrique élevé. Le cuivre pur a la résistivité électrique la plus faible de tous les métaux industriels. L´addition d´éléments d´alliage augmente cette résistivité dans des proportions très variables selon l´élément. Cette augmentation, en microhms/cm par pour-cent d´élément est de 0,29 pour le zinc et 14,3 pour le phosphore.
Comparativement, le chrysocale est meilleur en terme de conductivité électrique par rapport au bronze phosphoreux, mais les propriétés mécaniques sont plus faibles en terme de dureté ! Le top serait d´avoir un alliage de bronze béryllium et nickel, qui augmente alors la dureté et conductivité électrique.
Pour réaliser des prises de courant sur un modèle, il est donc préférable de privilégier le chrysocale ! Cependant le bronze phosphoreux fonctionne également très bien pour de la prise de courant, et le chrysocale offre également de bonne propriété mécanique.
Il s´agit d´une question de pourcentage d´éléments ajoutés lors de la fabrication des alliages, mais qui ne sont pas vraiment significatifs pour notre domaine ! Ce qu´il faut garder à l´esprit, c´est la qualité ressort, indispensable pour réaliser une bonne prise de courant.
On trouve du bronze phosphoreux chez l´Octant entre autres, à ; exemple de prix, environ 2 euros la longueur de 200 mm, en épaisseur 0,15 mm et largeur 0,5 mm.
  Edelweiss : 0,15 d´épaisseur pour une prise de courant, c´est beaucoup. Il faut descendre vers des épaisseurs de 0,06 à 0,1 maxi.
  Franck Tavernier : Oui, 0,15 mm d´épaisseur était un exemple de prix. Ensuite il faut s´adapter en fonction des contraintes du modèle donné... J´ai réalisé des prises en bronze phosphoreux cependant de cette épaisseur, pour un locotracteur, sans que cela pose de problème. Mais ce qui est vrai dans un cas, ne le sera pas forcément pour un autre.

2. L´utilisation d´une bande métallique d´une cassette K7 :
  Yannick Noel : C´est exact, il s´agissait bien de bande métallique qui se trouve dans le côté de lecture de la K7. Cette pièce est soudable...
Sébastien Richet : Les languettes elastiques situees dans ces cassettes peuvent servir comme explique dans le message du colistier (j´avoue ne plus savoir de quel ancien il s´agit) pour piquer le jus sur les roues. Il faut toutefois prevoir une petite soudure avec du fil souple et fin au prealable.

3. L´utilisation d´un wagon Fleischmann :
  Xavier Thiriet (le THX) : Solution la plus simple, celle des wagons Fleischmann. Les essieux tournent dans des plaques de garde métalliques. Problème, c´est de l´acier, il faut le flux adéquat pour souder.
4. L´utilisation d´un fil de cuivre (ou, mieux, bronze) :
  Xavier Thiriet (le THX) : Sinon, la solution du fil enroulé autour de l´axe de l´essieu. Plutôt efficace, supporte une lubrification pour que cela tourne librement.
  Franck Tavernier : Une autre piste, utiliser du fil de bronze de 0,2 mm .


Un assortiment de fil de bronze en 0,2 et 0,3 (fourni en couronne). À droite une autre solution “à la Jouef” : deux demi-essieux (isolés en leur milieu) ont chacun une bande de captage de courant.
5. L´utilisation de paliers en bronze :
  Xavier Thiriet (le THX) : L´idéal serait des demi-essieux tourillonnant des paliers en bronze (comme l´immense majorité des engins moteurs US)...
6. L´utilisation de flancs de bogies métalliques :
  Xavier Thiriet (le THX) : Autre solution, plus radicale : les flancs de bogies métalliques, isolés au niveau de la traverse de bogie, avec des “demi-essieux”...
7. L´achat de bogies capteurs de courant :
  Bruno Baguette (Bouchon) : Juste pour complèter encore un peu : il semblerait qu´il existe des bogies à 2 et 3 essieux qui sont pré-équipés pour la prise de courant et que cela se vendrait dans les magasins de modélisme. (J´ai été étonné quand on m´a parlé d´un bogie à trois essieux, je n´en ai jamais vu !) Cependant, je n´ai pas eu l´occasion de me rendre dans un magasin de modélisme pour avoir les informations détaillées et avoir un ordre de coût (ça ne doit surement pas être triste...).
Je compléterai ultérieurement ce “Grand Moment” avec ces informations dès que j´en aurai la possibilité ! 
Grand moment collationné par Bruno Baguette dit "Bouchon".

Note — Les textes ci-dessus n´engagent pas la responsabilité du magazine Ptitrain. ni celle de leurs auteurs, ni celle de personne !
Ptitrain, l´e-magazine du train éclectique... — Directeur de la publication : Christophe Franchini.
Rédacteur en chef : Jean-Denis Rondinet. — Rév. 03.06.2003 13:09