La Guillotine de Doc Toofoo...
 Soit
à couper, de façon répétitive, des petits bouts de profilé de plastique, des bandes
de Plastikard (marque déposée de la firme Slaters), des
baguettes de bois, voire des languettes de carbone... Il existe dans le commerce des coupoirs spécialisés
(“The Chopper”, chez NWSL) mais cela suppose une utilisation de longue
haleine qui en justifierait le coût non négligeable (75 euros).
Au lieu d´acheter, donc... réfléchissons !
Qu´est-ce qu´on demande ? Que la coupe soit exactement à 90 degrés (ou quelquefois un
autre angle, mais bien précis). Et que la longueur soit toujours la même, au poil près...
Pour assurer la première condition, on va se servir
d´une équerre , un simple modèle d´écolier
en plastique est suffisant car on ne la martyrisera pas. Pour la seconde, on va utiliser des cales, un jeu de cales
de différentes épaisseurs, qui empilées permettront de former une épaisseur quelconque,
mais constante.

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The Chopper, by Northwest Short Lines.
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The Guillotine, by Doc Toofoo. |
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De par une vie antérieure, je dispose de lames de
plomb utilisées par les imprimeurs pour interligner les compositions typographiques. Elles existaient dans des
épaisseurs d´un, deux, trois, six et douze “points” (ces mêmes points que vous rencontrez
aujourd´hui au détour de l´utilisation des traitements de texte). Mais, plutôt que de calculer
l´équivalence entre ces mesures anciennes et nos millimètres (un point valait un tiers de millimètre,
0,376 exactement), je préfère régler mon pied à coulisse sur l´épaisseur voulue,
puis empiler des lames de plomb jusqu´à arriver à cette épaisseur. J´ai découpé
aussi une bande de bristol pour pouvoir fignoler en deça du tiers de millimètre.
Nul doute que vous ne trouviez l´équivalent
de ces interlignes à la mode de Gutenberg, il suffit de chercher des matériaux lisses et stables en épaisseur :
métal, plastique, bois dur, circuit imprimé, carton... — et de les découper en bandes d´égales
dimensions (disons dix centimètres de long, sur 1,5 centimètre de haut ; épaisseurs de
5, 2, 1, 0,5 et 0,1 millimètre — environ !). Répétons que les épaisseurs des lames
individuelles sont sans importance, seule est comptée au pied à coulisse l´épaisseur de l´empilage !
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Sur le schéma ci-contre, E est une équerre ou assimilé, P la pièce à couper, B
une cale assez épaisse, L une lame de gros cutter, C l´empilage de cales d´épaisseur connue,
T une autre cale assez épaisse couchée. Nous glisserons la pièce à couper sous la lame
L et frapperons à l´endroit M avec un marteau ! |
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Le tout sera posé sur une planchette de contreplaqué
qu´on changera quand elle aura été broyée par les coups de cutter après un usage intensif
(on pourrait aussi utiliser un tapis de découpe “auto-cicatrisant” mais ils sont chers et seront-ils
aussi résistants ?).
Pour une coupe angulaire ,
on a fabriqué un triangle A à la bonne dimension en carton épais collé (ou scotché)
sur la planchette.
Ci-dessus
on voit les interlignes de plomb (de un à 12 points) et une lame de bristol.

Dans les quelques cas où le travail de découpe exige l´usage de mes deux mains (une au marteau,
une pour tenir par exemple la bande à couper), je serre l´ensemble cales-lames dans un serre-joint à
ressort.
La partie coupée, coincée entre la lame L
et le talon T , ne s´envolera pas à travers
toute la pièce — avantage non négligeable quand cette pièce est infiniment petite ...

Petit regret quand même : la lame d´un cutter standard présente en coupe la forme d´un
“V”, et c´est dommage car on doit rectifier quelquefois, après la coupe, les pièces
très épaisses, qu´on aura dû couper un poil plus grandes.
Il serait intéressant (et sûrement pas impossible !)
de trouver des éléments coupants à pente plus raide (par exemple, les massicots des imprimeurs
— encore eux ! — ont en coupe la forme ci-contre). |
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