Il existe plusieurs principes pour que
l´opérateur d´un réseau sache où se trouvent ses trains, même lorsqu´ils sont
masqués dans des tunnels ou des coulisses. Cette détection des convois servira aussi à l´affichage
de l´occupation des voies sur un panneau de contrôle, à l´enclenchement d´un block-système,
à la fermeture d´un passage à niveau, au déclenchement d´un sifflet vapeur caché
dans le décor... ou tout ce que vous pouvez imaginer d´autre.
 |
LES PÉDALES |
 |
 |
 |
Figure 1. Pédale de voie |
Le plus simple de ces principes est mécanique :
quand un train passe, ses essieux appuient sur un contact, une pédale, qui ferme un circuit électrique. L´avantage
est la simplicité : le circuit fermé par la pédale est indépendant
du réseau traction, la pédale peut couper un courant très fort, aucune modification des trains...
La S.N.C.F. applique cette solution pour ses passages à niveau, par exemple. En modélisme H0, plusieurs fabricants
ont proposé des composants mécaniques, depuis Hornby jusqu´à Roco... (Fleischmann aussi, mais
avec un système maison à champignon, ne fonctionnant qu´avec du matériel Fleischmann,
et pas en marche arrière...)
En contrepartie les inconvénients
sont multiples : d´abord, c´est moche (pas réaliste) et ça influe sur la forme même
des voies (on ne les pose qu´en ligne droite !). C´est pas très fiable mécaniquement :
un bissel très léger de loco peut dérailler. Ensuite, ça envoie autant d´informations
qu´il y a de roues dans le convoi (la lampe témoin clignote pendant tout le passage du train)... Et enfin,
si une roue s´arrête sur une pédale, ça envoie du courant sans cesse, ce qui peut griller un
moteur d´aiguillage !
Il faudra donc avec ce montage mécanique une électronique
compliquée, ou chère, ou les deux (!), comme le relais statique de Jouef, ou un monostable
(c´est-à-dire un montage identique à une minuterie). On reviendra plus tard sur ce système à
pédales.


Voyez ci-dessus
différents montages du commerce : en A, l´antique pédale Hornby-H0, discrète, fiable, et
qu´on pouvait installer n´importe où sur le réseau, même après construction... En
B, une pédale Jouef, hénaurme, et qui ne peut être installée qu´en alignement
droit ; en C, une pédale Roco, acceptable de forme, mais en ligne droite seulement (coût élevé,
environ 7 euros) ; en D, un microrupteur du commerce (2 euros), que l´on pourrait bricoler
en pédale de contact genre Hornby...
 |
LES I.L.S. |
 |
Une autre idée a été d´utiliser
des interrupteurs à lame souple, c´est-à-dire des petites
ampoules de verre (diamètre 2,5 mm) contenant deux lamelles souples, qui se touchent (en fermant un contact
électrique) lorsqu´un aimant est présenté près d´elles. Le schéma électrique
est le même que ci-dessus pour la pédale, avec des restrictions en quantité de courant (voir plus loin).
L´I.L.S. est fixé sur les traverses (perpendiculairement
à la voie : on peut le camoufler en crocodile) ou dans le ballast même. Les aimants sont fixés
sous le matériel roulant : quand un aimant (un wagon) passe, un contact se ferme. Avantage : une impulsion
unique pour un convoi, implantation un peu plus réaliste, fonctionnement fiable... Inconvénients : l´équipement
obligatoire de tout le parc de matériel roulant ! Attention à la place disponible sous certaines locos,
même en H0...
Ci-dessous, les composants du commerce :
en A, un I.L.S. de base, vendu à très faible prix (1 euro) chez les commerçants non
spécialisés en train ; en B, le même placé entre la voie, avant camouflage sous une lamelle
de plasticard simulant un crocodile réel ; en C, le même, habillé par Fleischmann d´un capot
(réf. 6425) ; Roco le cache dans une fausse traverse, ce qui est une sacrée idée, hélas
vendue dans les 10 euros ; en D un aimant Roco extra-plat ; en E un Fleischmann moyen ; en F, un gros
sans marque (V.P.C. électronique) ; au milieu la bébête à quatre pattes est
un relais I.L.S., c´est-à-dire un I.L.S. entouré d´un bobinage électromagnétique
(comme celui de vos moteurs d´aiguille) : quand on envoie un courant même très faible à
ce bobinage, le relais coupe un courant plus fort. Ces composants modernes et asiatiques sont vendus à des prix
qui laissent bouche bée l´acheteur de relais spéciaux trains made in Germany !

Et puisqu´on parle de relais, l´autre chose
à savoir est que les I.L.S. que vous poserez dans vos voies ne pourront couper qu´un courant très faible
et surtout rien qui engendre une étincelle, comme un bobinage d´aiguille, de
passage à niveau ou le moteur électromagnétique d´un signal mécanique, par exemple ;
l´I .L.S. sera donc toujours suivi d´un amplificateur de courant, relais mécanique ou transistor.
Les inconditionnels de l´I.L.S. le mangent à
toutes les sauces : sur cette photo parue dans le
Réseau miniature : électronique, aux Éditions Loco-Revue,
on trouve cinq I.L.S. sur la voie (notez qu´ils sont parallèles aux traverses et seront noyés dans
le ballast, réalisme total) :
Sous le matériel on a collé trois aimants.
Selon la position de ces aimants, la voiture va actionner trois des cinq I.L.S., selon un code (un peu comme
du morse !) qui fait qu´on peut savoir quel convoi est en train de passer, et où on doit l´expédier !
Évidemment si la voiture est codée pour faire partie du Calais-Vintimille, on ne pourra plus jamais l´engager
sur le Paris-Dôle (1) !!!
Dans le même ordre d´idée on peut fixer
un I.L.S. à droite dans l´entrevoie et un aimant à droite sous la loco ; et un second I.L.S. à
gauche dans l´entrevoie et un aimant à gauche sous le dernier wagon : ainsi on connaîtra l´arrivée
d´un train et son départ d´un canton...
L´imagination au pouvoir donc, au prix d´un
investissement (en temps d´équipement réseau + matériel) non négligeable... |