Introduction

Dans le concept de train miniature, deux notions se superposent, celle de train et celle de miniature. Cela semble une lapalissade, mais cette dualité propose effectivement à l'artiste deux sources d'émotions différentes. Nous y retrouvons d'une part l'aspect purement ferroviaire, qui a inspiré les oeuvres classiques évoquées dans les pages précédentes, et d'autre part, l'aspect merveilleux de la miniature, qui de tout temps a touché le coeur des hommes. En cela, un réseau de train miniature possède un potentiel attractif remarquable. Il peut émouvoir par ses qualités de peinture, d'architecture, de théâtre et même de musique (puisque aujourd'hui, les techniques de sonorisation investissent son domaine). Mais il ajoute à tout ceci la séduction séculaire des objets miniaturisés. Enfin, au delà du spectacle esthétique, pour ceux qui s'y livrent activement, il ajoute encore le plaisir ludique... mais on entre là sur un autre terrain.

Dans le tourbillon des arts contemporains, l'art conceptuel, l'art des environnements et celui des objets cinétiques se sont carrément emparés du train miniature pour mettre en scène des allégories et des compositions surprenantes. Lors de l'exposition « Züge, Züge, die Eisenbahn in der zeitgenössischen Kunst » (Les trains dans l'art contemporain), organisée en Allemagne pendant l'été 1994, parmi les soixante représentants internationaux de ce courant, plus d'une vingtaine mettaient en oeuvre des modèles réduits de train pour incarner leurs sentiments. Nul doute que le merveilleux de la miniature ajoutait beaucoup de force à leur expression.


Philippe De Gobert : « Hommage à Magritte » (1983), Bruxelles.
Trois tableaux de Magritte (dont celui de la page d'accueil de ce musée) ont été fidèlement modélisés en trois dimensions et juxtaposés en un triptyque surprenant. Le train de la « Durée poignardée » assure l'intégration des trois éléments sous forme d'un circuit miniature classique. Du modélisme transcendantal en quelque sorte !


Ce qu'il importe de montrer à présent, ce sont des oeuvres de ferromodélisme dénuées d'une finalité purement artistique mais provoquant cependant chez le spectateur ce choc émotionnel par lequel tout art se caractérise. Ces oeuvres sont éloignées des simples réseaux jouets que les enfants montent en toute hâte et en toute fantaisie. Elles sont le résultat d'une lente évolution vers la reconstitution nostalgique d'une réalité qui a marqué leurs créateurs. Les trains miniatures y ont une place prépondérante, ainsi que le jeu qu'ils ouvrent, mais ils se doivent d'être retrempés dans un environnement évocateur. Le paysage, les couleurs, l'éclairage aident l'esprit à basculer profondément dans ce monde interprété. Plus les détails modélisés sont subtils et cohérents, plus grande est l'illusion. Car le dixième art est aussi celui de la magie et de l'illusion, qui nous transportent sans frein rationnel au pays de Lilliput.

Ces dernières trente années, de telles oeuvres ont fleuri un peu partout, mais demeurent souvent prisonnières de leurs murs et de ce fait méconnues. Heureusement, les expositions se sont également multipliées et avec elles s'est développée la mode des réseaux ou sections de réseaux transportables. Ils viennent au devant du public et s'offrent aux regards comme des oeuvres d'arts. Ils sont les représentants du dixième art. Les pages suivantes en recensent quelques-uns qui illustrent bien l'éventail des genres et des échelles pratiqués. Ils ont en commun des qualités esthétiques indéniables.

 

Premier réseau

 

Le train des arts
Accueil
Copyright 2000-2004 / J. Le Plat / Ptitrain